Premier parti à l’Assemblée, le Rassemblement national démocratique (RND), considéré comme le «parti du président» Liamine Zéroual, part favori.
Né au début de l’année, le RND, avec ses 1.480 listes, sera présent dans pratiquement toutes les communes, et sans adversaire dans 37 d’entre elles.
Plus de 83.000 candidats, inscrits sur 5.741 listes, sont en lice lors de ce scrutin à la proportionnelle. Les électeurs désignent en même temps les conseils municipaux et départementaux.
Le RND est talonné par le Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique) avec 1.442 listes, suivi des partis islamistes, le Mouvement pour la société pour la paix (MSP, ex-Hamas) avec 698 listes et le Mouvement Ennahda (Renaissance), 367 listes.
Le RND, le FLN et le MSP ont formé le gouvernement d’Ahmed Ouyahia, après les législatives du 5 juin dernier.
Les principaux partis de la mouvance démocrate présentent au total 453 listes: 214 pour le Front des forces socialistes (FFS), 206 pour le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et 33 pour le Parti des travailleurs (PT, extrême-gauche).
Le Front islamique du salut (FIS-dissous), qui avait remporté une large majorité des mairies en 1990, a appelé au boycott depuis l’étranger. Son aile militaire, l’Armée islamique du salut (AIS) observe une trêve depuis le 1er octobre.
Les candidats ont mené une campagne de proximité pour répondre aux attentes des électeurs, ployant sous les difficultés quotidiennes: coût de la vie élevé, pénurie de logements, dégradation des conditions de vie, licenciements en cours dans les entreprises d’Etat.
Mais de nombreux commentateurs ont relevé que la campagne n’a pas passionné les électeurs, lassés des promesses.
Le vote des nomades
Plusieurs partis d’opposition ont par ailleurs exprimé leur crainte quant à une «fraude» au profit du RND.
Ce scrutin vise, selon les autorités, à «parachever l’édifice institutionnel», après l’élection présidentielle de novembre 1995, poursuivie en 1996 avec le référendum de révision constitutionnelle et les législatives.
Le prochain scrutin présidentiel n’interviendra qu’en l’an 2.000.
Les électeurs nomades ont commencé à voter dès lundi. Comme lors des scrutins précédents, les autorités ont pris une série de mesures de sécurité telles la suspension des marchés hebdomadaires et l’interdiction pour les poids lourds de circuler dans les agglomérations.
Les gardes communaux et les «patriotes», les groupes d’autodéfense, sont également mobilisés pour assurer la sécurité des bureaux de vote.
Après les terribles tueries collectives de Raïs, Beni Messous et Bentalha — au total plus de 500 morts, selon les rescapés et des bilans de presse, moins de 200 selon les communiqués officiels — aucune opération d’envergure n’a été menée contre la population, à l’exception d’une attaque contre un bus dans la région d’Oran (ouest) qui a fait 43 morts, en majorité des jeunes «trabendistes» (vendeurs au noir) retrouvés égorgés et décapités.
Mais les assassinats de civils et les attentats à la bombe sont quotidiens, selon les informations rapportées par la presse privée. Au moins dix candidats ont été assassinés.
De nombreux assassinats ne sont, en outre, pas rendus publics. Ainsi, plusieurs policiers ont été tués ces derniers jours dans la région d’Oran, où des témoignages font état d’une recrudescence des opérations des islamistes et treize gardes communaux massacrés dans la région de Chlef (sud-ouest).
Depuis trois semaines, la presse privée relate largement les opérations de l’armée contre des fiefs du Groupe islamique armé (GIA). L’armée a «nettoyé» la zone d’Ouled Allel (15 kilomètres au sud d’Alger) une localité désertée et transformée en camp retranché par le GIA, qui avait miné entièrement les lieux.
A Baïnem (banlieue ouest), l’armée progresse difficilement dans cette forêt aux portes d’Alger, qui abriterait les membres du groupe de Hocine «Flicha», un «émir» (chef) du GIA. Les militaires ouvrent des pistes au bulldozer dans un terrain boisé et miné, et auraient déjà détruit plusieurs abris souterrains, selon la presse locale. Les forces de sécurité ont mené de nombreux ratissages dans cette zone ces dernières années, sans parvenir à en chasser le GIA.
«Les moyens militaires mis en œuvre par l’autorité militaire témoignent de la gravité de la gangrène», estimait mardi le quotidien «Liberté» dans un éditorial. (AFP)


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