«Dans un avenir prévisible, nous n’envisageons pas d’exporter du gaz, étant donné l’accroissement de la demande intérieure et les besoins de développement» dans le royaume, a déclaré le ministre séoudien du Pétrole et des ressources minières, M.. Ali ben Ibrahim al-Nouaïmi, lors d’une conférence sur le gaz à Yanbu, centre industriel sur la mer Rouge.
L’Arabie aura besoin, vers 2007, de 200 millions de m3 de gaz par jour pour répondre à la demande intérieure croissante, aux besoins de son industrie pétrochimique et pour la production électrique, a précisé M. Nouaïmi.
«Nous n’avons pas de plans dans un avenir prévisible pour exporter du gaz, alors que la demande continue à s’accroître et que notre objectif est le développement domestique», a-t-il dit.
«En même temps, nous envisageons d’accroître nos réserves gazières grâce à nos programmes d’exploration, pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en importer», a-t-il ajouté.
Ryad avait annoncé samedi la mise en œuvre de grands projets de production électrique alimentés par le gaz naturel.
M. Nouaïmi a souligné que la compagnie d’Etat séoudienne Aramco avait les moyens de mener les opérations en amont, telles que l’exploration et la production, pour compléter «le réseau gazier principal».
Le royaume est «tout à fait ouvert» aux entrepreneurs étrangers pour aider à la mise en place de l’infrastructure et l’installation de gazoducs, a-t-il dit.
Et il a invité les compagnies étrangères à investir en amont, en comparant l’intérêt potentiel des projets gaziers en Arabie à «la ruée ver l’or en Californie» au siècle dernier.
Aramco contrôle également la production pétrolière du royaume, mais les investisseurs étrangers sont déjà des partenaires dans plusieurs projets en aval, dont des usines pétrochimiques.
M. Nouaïmi a estimé à environ 5.770 milliards de m3 les actuelles réserves de gaz de l’Arabie Séoudite, dont 53 milliards de m3 de gaz non-associé.
A lui seul, le champ gazier de Hawiyah produira 28 millions m3 par jour vers 2001, a-t-il dit.
Un gazoduc est en construction pour relier Ryad (centre) aux champs de pétrole et de gaz de l’est du pays.
«Le gaz est aussi vital pour notre croissance économique» que le pétrole, a dit le ministre devant quelque 400 délégués à la conférence.
L’Arabie, premier producteur mondial de pétrole, produit environ 8 millions de barils par jour (mbj) de pétrole et veut remplacer cette matière première par du gaz dans la production électrique afin de libérer des quantités supplémentaires de brut pour l’exportation.
M. Nouaïmi avait déclaré mercredi devant un congrès international sur le pétrole, réuni à Pékin, que son pays entendait doubler sa capacité de production gazière. (AFP)

