Ce club grec, intermittent de la scène continentale, dispute une coupe d’Europe pour la quatrième fois de son histoire mais a déjà accroché à son tableau de chasse les Bulgares du Levski Sofia, les Tchèques du Slavia de Prague et surtout les Espagnols de l’Atletico Madrid. Autant de succès qui incitent les Auxerrois à ne pas sous-estimer leur adversaire.
«Les Grecs ne sont pas des joueurs folkloriques au sang chaud, annonce Guy Roux. Ce sont d’abord des footballeur gréco-romains qui ressemblent beaucoup aux Italiens».
«Leur entraîneur hollandais est en place depuis 13 ans et il a bâti une équipe organisée à l’allemande en 3-5-2 avec un jeu très discipliné et efficace. A nous d’être fantasques pour les dérégler», ajoute l’entraîneur bourguignon.
Quatrième du dernier championnat grec, OFI Crète forme un ensemble solide et homogène duquel émergent quelques individualités comme Marinakis qui jouait l’an passé à Séville et deux internationaux, le capitaine Nioplias et l’attaquant Anastasiou.
Guy Roux a donc mis en garde ses joueurs contre tout excès de confiance, ce qui, de toute façon, n’est pas dans les habitudes maison.
«Le Deportivo La Corogne nous était supérieur, explique l’ailier droit Antoine Sibierski. Là, c’est le contraire. Nous sommes avertis».
Franck Sylvestre, en bon capitaine, tempère l’optimisme né du tirage au sort: «Pour l’opinion publique, Auxerre part favori. Notre élimination ferait désordre. C’est un match piège», dit-il.
A cette angoisse de l’inconnu, Auxerre peut opposer une nette amélioration de son jeu, qui s’est traduite par trois victoires consécutives en championnat. L’AJA peut également s’appuyer sur son passé européen.
«On a accumulé beaucoup d’expérience à travers nos 52 matches de coupe d’Europe et on sait assez bien gérer ce genre de rencontre», se rassure Alain Goma.
En 1987, l’AJ Auxerre avait été éliminé de la Coupe de l’UEFA par les Grecs de Panathinaikos. L’année suivante, la leçon avait été bien retenue et Auxerre sortait Olympiakos Le Pirée.
Dans l’équipe actuelle, seul le gardien Lionel Charbonnier était de ces deux voyages.
«Attention au match retour. Là-bas, c’était la folie, une ambiance encore plus chaude que dans les stades britanniques. En Grèce, ça ressemble plus à la guerre», dit-il.

