Ce collaborateur a assuré que les Ninjas de Kolelas se trouvaient toujours au Congo et attendaient ses ordres.
Il a ajouté que Kolelas, qui a fui à Kinshasa avec cinq ministres et certains chefs de sa milice, avait engagé une campagne diplomatique pour régler la crise congolaise tout en préparant ses forces à une campagne de guérilla contre Denis Sassou-Nguesso.
«Nous disposons d’une force de 3.000 à 4.000 miliciens qui se sont retirés à l’intérieur. Nos forces attendent seulement les ordres de Kolelas», a dit le collaborateur.
«Sassou ne pourra jamais contrôler le pays sans notre soutien. Nous avons l’intention de lui rendre la vie infernale. Même avec le soutien de ses amis étrangers, Sassou aura besoin de chars dans la rue pour tenir le pays», selon lui.
Les «Cobras», la milice de Sassou-Nguesso, aidés par des forces angolaises, ont chassé la semaine dernière de Brazzaville et du port pétrolier de Pointe Noire l’armée du président Pascal Lissouba et les «Ninjas» de Kolelas. Ils contrôlaient déjà le nord et une grande partie du centre du pays.
Concurrence US
Sassou-Nguesso appartient à une minorité ethnique du nord, peu peuplé, tandis que Lissouba et Kolelas sont originaires du sud et du centre, plus peuplés et stratégiques économiquement.
Le collaborateur de Kolelas, qui a affirmé être habilité à parler en son nom, a accusé l’Angola, le Gabon, la Libye et la compagnie pétrolière française Elf d’avoir aidé Sassou à remporter la guerre civile déclenchée il y a quatre mois.
«Cette guerre porte sur des intérêts pétroliers et régionaux. Cela n’a rien à voir avec le tribalisme ou le régionalisme au Congo», a-t-il dit.
Au cours de sa première conférence de presse depuis qu’il s’est emparé du pouvoir, Sassou-Nguesso a déclaré vendredi dernier que les problèmes du pays avaient pour origine le tribalisme, le régionalisme, l’intolérance et la violence politique.
Jusqu’en 1992, date à laquelle Sassou-Nguesso a perdu les premières élections démocratiques organisées au Congo, Elf était la seule compagnie pétrolière opérant au Congo.
Après sa victoire électorale, Pascal Lissouba a ouvert le marché pétrolier congolais à la concurrence américaine.
Le collaborateur de Bernard Kolelas a expliqué que l’Angola avait appuyé Sassou-Nguesso parce que Luanda croyait que Pascal Lissouba soutenait l’Unita, l’ancien groupe rebelle de Jonas Savimbi, et les séparatistes de l’enclave angolaise de Cabinda.
Il a ajouté que le président angolais Eduardo dos Santos avait accusé le président Lissouba de permettre la commercialisation à Brazzaville de diamants de l’Unita et la transformation de Pointe Noire en base de ravitaillement des rebelles angolais. (Reuter)

