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Actualités - Chronologie

L'absence de démocratie continue à menacer l'Afrique Centrale

La prise du pouvoir au Congo-Brazzaville par Denis Sassou- Nguesso constitue, en trois ans, la troisième guerre civile d’Afrique centrale générée par l’absence de démocratie réelle à être tranchée par les armes, avec l’appui d’Etats voisins.
Le Conseil de Sécurité de l’ONU n’a fait que «prendre acte» de la victoire du général Sassou-Nguesso et s’est abstenu de réitérer ses menaces de sanctions. Paris a également pris acte de la victoire militaire de l’ancien président sur son successeur, Pascal Lissouba.
Le Conseil de Sécurité a simplement appelé à un «arrêt des hostilités complet et immédiat» et a «déploré les interventions militaires étrangères», mais sans nommer explicitement l’Angola.
L’impuissance de l’ONU a permis la déstabilisation de cette région dès 1994 avec le génocide de la minorité tutsie et des hutus modérés par la majorité hutue au pouvoir au Rwanda. Ce génocide a fait au moins 500.000 morts.
L’opération militaro-humanitaire française «Turquoise» n’avait pu empêcher les tueries et devait être par la suite décriée par le nouveau pouvoir tutsi, qui a reproché à Paris de couvrir la fuite vers le Zaïre des «génocidaires hutus».
Depuis, la France souffre du syndrome du Rwanda qui l’empêche désormais de prendre seule des initiatives en Afrique et l’action de l’ONU a été souvent paralysée par les Etats-Unis au gré de leurs intérêts.
Mais, Washington a également eu son syndrome somalien. La mort de 18 soldats américains tués à Mogadiscio avait entraîné le retrait des troupes américaines de ce pays.
Ces deux puissances neutralisées, les acteurs locaux emploient désormais des alliances régionales pour accéder au pouvoir, certains n’hésitant pas à effectuer des retournements remarquables d’alliance.

Trafics d’armes

La minorité tutsie rwandaise, dont une partie des élites a vécu longtemps en exil en Ouganda, pays anglophone et allié des Etats-Unis, a bénéficié du concours de Kampala pour mener à bien son entreprise.
Deux ans plus tard, au Burundi voisin, le major Pierre Buyoya, ancien chef de l’Etat, a été porté au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat.
En République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) Laurent-Désiré Kabila s’est appuyé sur des troupes rwandaises et un appui logistique ougandais pour renverser Mobutu sese Seko qui avait entravé pendant sept ans la mise en œuvre du processus démocratique.
La prise du pouvoir à Kinshasa par M. Kabila avait déjà suscité les craintes, notamment de la France, que cette démarche ne fasse des émules, notamment dans les pays voisins à la situation politique fragile.
Ces craintes se sont avérées justifiées au Congo-Brazzaville où les troubles ont été provoqués par la perspective de l’élection présidentielle prévue alors pour le 27 juillet.
Cette consultation, dont le président Pascal Lissouba redoutait qu’elle ne soit remportée par son rival Denis Sassou-Nguesso, a été exacerbée par l’afflux de réfugiés en provenance du Congo-Kinshasa voisin. Cet afflux a favorisé les trafics d’armes.
Se considérant lâché par la France, le président Lissouba, qui avait accueilli Mobutu lorsque ce dernier avait fui le Zaïre, a tenté d’appeler à la rescousse la RDC de M. Kabila qui a hésité à s’impliquer dans la crise congolaise.
M. Lissouba a alors poussé jusqu’à Kampala où il a été reçu par le président Yoweri Museveni dont il a, vainement, sollicité le concours.
Son adversaire a eu plus de chance en misant sur l’Angola, dont l’appui a été déterminant pour sa victoire.
L’absence de démocratie réelle continue à menacer cette région explosive qu’est l’Afrique centrale.
Ainsi, la réélection dimanche dernier au Cameroun de Paul Biya, boycottée par les principaux partis d’opposition et les mutineries récurrentes en Centrafrique constituent, selon les observateurs, autant de foyers de tension potentiels. (AFP)0
La prise du pouvoir au Congo-Brazzaville par Denis Sassou- Nguesso constitue, en trois ans, la troisième guerre civile d’Afrique centrale générée par l’absence de démocratie réelle à être tranchée par les armes, avec l’appui d’Etats voisins.Le Conseil de Sécurité de l’ONU n’a fait que «prendre acte» de la victoire du général Sassou-Nguesso et s’est abstenu de réitérer ses menaces de sanctions. Paris a également pris acte de la victoire militaire de l’ancien président sur son successeur, Pascal Lissouba.Le Conseil de Sécurité a simplement appelé à un «arrêt des hostilités complet et immédiat» et a «déploré les interventions militaires étrangères», mais sans nommer explicitement l’Angola.L’impuissance de l’ONU a permis la déstabilisation de cette région dès 1994 avec le génocide...