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Actualités - Conferences Internationales

Sommet à Oslo contre le travail des enfants

A l’invitation du gouvernement norvégien, des ministres de 40 pays, des dirigeants syndicaux et des ONG vont se retrouver du 27 au 30 octobre à Oslo afin d’accélérer la mobilisation contre le travail des enfants, notamment ses formes les plus dures: prostitution, esclavage, métiers insalubres.
Deux agences de l’ONU, l’Unicef (Fonds pour l’enfance) et l’Organisation internationale du travail (OIT, dont le bureau est le BIT), sont fortement impliquées dans cette rencontre, destinée à trouver de nouvelles stratégies pour libérer du travail les 250 millions d’enfants qui y sont soumis dans le monde.
Globalement, on estime qu’un enfant des pays en développement sur quatre est au travail, mais ce terme recouvre des réalités très différentes.
La majorité sont des enfants non scolarisés, occupés toute la journée à un travail familial: aller chercher de l’eau et du bois, s’occuper du bétail ou travailler dans les champs. Des tâches domestiques ou de survie qualifiées d’«invisibles», et en majorité effectués par des fillettes.
Des milliers d’autres travaillent à l’extérieur pour apporter de l’argent à leur famille: petits artisans, vendeurs sur les marchés, chiffonniers, trieurs d’ordures, cireurs de chaussures, «parking boys».
L’exploitation commence avec les emplois de domestiques, qui occupent des milliers d’enfants, du Kenya aux Etats-Unis, du Pérou aux Emirats, de l’Europe à Haïti: ils s’occupent des courses, de la cuisine et du ménage, avant de se contenter de manger les restes.
Enfin, les secteurs primaire et secondaire les emploient largement: en Asie, en Amérique latine, des millions d’enfants récoltent thé, canne à sucre, tabac ou café, ils travaillent dans les mines de fer, de sel ou de diamant (Afrique du Sud, Bolivie), les briqueteries de Colombie, les verreries en Inde.
Ils fabriquent des jouets en Chine, charbon de bois au Brésil, vêtements au Honduras, sacs de cuir en Italie, vendent des journaux à Moscou, posent des briques au Portugal, restent accroupis16 heures par jour à nouer des tapis en Inde ou au Pakistan.

Une stratégie évolutive

En Asie, des centaines de milliers d’enfants sont remis à un employeur pour éponger, leur vie durant, une dette familiale, ou sont soumis à des réseaux de prostitution, dans les cabarets de Bangkok, Manille ou Rio. Sans oublier les «enfants soldats», enrôlés dans les milices armées d’Afrique ou du Cambodge.
Face à cette situation, la stratégie des Etats et des institutions internationales a évolué: jusqu’alors l’ONU a compté sur l’adoption de conventions internationales et la bonne volonté des Etats pour les appliquer.
Cette stratégie a atteint ses limites en se heurtant aux intérêts privés qui tirent profit du travail des enfants.
Oslo va donc marquer un tournant: la communauté internationale va désormais s’efforcer d’agir d’abord sur les formes les plus intolérables, qui sont aussi les formes les plus spectaculaires (prostitution, esclavage).
Pour cela, elle compte s’appuyer sur l’opinion publique, déjà émue par les cas d’enfants esclaves, et mobilisée depuis quelques années par les organisations de consommateurs, sur l’origine de leurs vêtements ou chaussures de sport.
L’Unicef entend «libérer immédiatement les enfants qui se trouvent dans les situations les plus dramatiques». Le BIT appuie cette stratégie en élaborant une nouvelle convention ciblée, pour juin 1998.
L’Unicef veut agir sur le front de l’éducation, estimant possible de scolariser tous les enfants d’ici l’an 2000 «si la volonté politique est là». Une volonté que l’organisation entend bien mobiliser à Oslo. (AFP)
A l’invitation du gouvernement norvégien, des ministres de 40 pays, des dirigeants syndicaux et des ONG vont se retrouver du 27 au 30 octobre à Oslo afin d’accélérer la mobilisation contre le travail des enfants, notamment ses formes les plus dures: prostitution, esclavage, métiers insalubres.Deux agences de l’ONU, l’Unicef (Fonds pour l’enfance) et l’Organisation internationale du travail (OIT, dont le bureau est le BIT), sont fortement impliquées dans cette rencontre, destinée à trouver de nouvelles stratégies pour libérer du travail les 250 millions d’enfants qui y sont soumis dans le monde.Globalement, on estime qu’un enfant des pays en développement sur quatre est au travail, mais ce terme recouvre des réalités très différentes.La majorité sont des enfants non scolarisés, occupés toute la journée...