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Actualités - Chronologie

Le boom des petits boulots inquiète l'Allemagne

Les «petits boulots» connaissent un tel boom en Allemagne qu’ils unissent une partie de la CDU du chancelier Kohl et l’opposition sociale-démocrate, inquiètes pour les caisses sociales et l’emploi en période de chômage record, contre les patrons et les libéraux.
Le nombre des «jobs à 610 marks» (348 dollars) et 15 heures par mois maximum, exonérés de cotisations sociales et n’assurant aucune couverture au salarié, a augmenté de 26,5% entre 1992 et le printemps 1997, passant de 4,452 à 5,634 millions, dont près de 60% de femmes, selon une étude commandée par le ministère du Travail.
En contrepoint, 27,3 millions de personnes occupent un emploi soumis à cotisations, selon cette étude en cours. Environ 17% de la population active a un «petit boulot» qui ne constitue pour la plupart qu’un revenu d’appoint.
La législation allemande dispense un employeur de cotiser s’il rétribue un salarié au maximum 610 marks par mois à l’Ouest, 520 marks à l’Est.
Une aubaine pour les patrons du commerce de détail et de la restauration notamment. Un expert du Parti social-démocrate SPD, Thomas Zuleger, évoquait sans la nommer une grande chaîne de distribution de produits de droguerie qui rémunère de la sorte 90% de son personnel.
«Dans le commerce, 100.000 postes sont répartis entre 500.000 vendeuses dépourvues de couverture sociale», renchérissait le président du syndicat des travailleurs chrétiens-démocrates (CDA), Rainer Eppelmann.
Autres catégories à trimer pour moins de 610 marks: femmes de ménage, étudiants, vendangeurs… etc.
«Ce n’est pas chiffrable précisément, mais les jobs à 610 marks se substituent à plusieurs centaines de milliers d’autres emplois», avance Thomas Zuleger alors que les chômeurs étaient en septembre plus nombreux que jamais pour ce mois de l’année: 4,308 millions (11,2%). Le SPD, première force d’opposition, s’est même proposée de livrer à la vindicte les entreprises indignes en publiant leurs noms. Il a le soutien de la puissante Confédération des syndicats (DGB).

Depuis Bismarck

Le principe des «petits boulots» existe depuis Bismarck. Mais il aura fallu une étude en cours sur la question pour qu’une partie de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) s’alarme. «Inacceptable», vient de déclarer le numéro deux de la CDU, Wolfgang Schaeuble, «ce sont les fondements de notre système social qui menacent de s’écrouler».
Comme le SPD, une partie de la CDU déplore les sommes détournées de caisses sociales qui sonnent creux. Les «cotisants» seraient deux millions de moins qu’en 1992. Soumettre les jobs décriés à cotisations, comme le stipule un projet de loi social-démocrate, drainerait plus de 10 milliards de marks (5,7 millions de dollars), assurait Thomas Zuleger.
Heiner Geissler, un baron de la CDU, a annoncé la présentation prochaine d’un projet de loi pour limiter le nombre des emplois à 610 marks. A moins d’un an des élections législatives, il est allé jusqu’à prôner un consensus avec le SPD qui a accepté la main tendue.
Le Parti libéral FDP a jugé «anti-social» les projets de lever l’exonération. Maître mot de son argumentation: la flexibilité.
Les entreprises sont montées au créneau. Le patron des patrons Dieter Hundt a prédit plus de chômeurs et une «fuite dans le travail au noir».
La CDU s’en est tenue dans une motion adoptée mercredi lors de son congrès à Leipzig à de vagues intentions. (AFP)
Les «petits boulots» connaissent un tel boom en Allemagne qu’ils unissent une partie de la CDU du chancelier Kohl et l’opposition sociale-démocrate, inquiètes pour les caisses sociales et l’emploi en période de chômage record, contre les patrons et les libéraux.Le nombre des «jobs à 610 marks» (348 dollars) et 15 heures par mois maximum, exonérés de cotisations sociales et n’assurant aucune couverture au salarié, a augmenté de 26,5% entre 1992 et le printemps 1997, passant de 4,452 à 5,634 millions, dont près de 60% de femmes, selon une étude commandée par le ministère du Travail.En contrepoint, 27,3 millions de personnes occupent un emploi soumis à cotisations, selon cette étude en cours. Environ 17% de la population active a un «petit boulot» qui ne constitue pour la plupart qu’un revenu d’appoint.La...