Celui-ci a transmis le même message aux représentants des quinze pays du Conseil de Sécurité, ont indiqué des diplomates.
Cette menace irakienne a été jugée aussitôt «contre-productive» ou «inacceptable» par les membres du Conseil qui s’étaient réunis à huis clos pour décider d’éventuelles nouvelles sanctions pour forcer l’Irak à coopérer pleinement avec l’ONU à son désarmement.
A cette fin, le Conseil a entendu M. Butler et le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Hans Blix, qui viennent de remettre aux quinze un rapport faisant le point sur le désarmement de l’Irak.
Si l’AIEA accorde en gros un satisfecit à l’Irak, M. Butler a indiqué que Bagdad cachait toujours son armement biologique et avait continué ses entraves au travail des enquêteurs.
Un embargo est imposé à l’Irak depuis son invasion du Koweit en août 1990 et ne pourra être levé que lorsque l’UNSCOM aura certifié que ce pays ne dispose plus d’armes biologiques, chimiques et nucléaires, ni de missiles d’une portée supérieure à 150 km.
En juin, le Conseil avait menacé d’imposer des sanctions supplémentaires, sous forme de restrictions de voyage à des responsables irakiens, sauf si Bagdad «se conforme pour l’essentiel» à des obligations de coopération avec l’UNSCOM.
Le chef de l’UNSCOM a expliqué à la presse que M. Hamdoun lui avait déclaré: «S’il y a des sanctions supplémentaires, l’Irak cessera toute coopération avec la Commission et avec le Conseil».
Si Bagdad mettait à exécution sa menace, cela impliquerait non seulement la coopération de l’Irak dans le domaine du désarmement, mais aussi l’accord «pétrole contre nourriture» autorisé par le Conseil.
Progrès solides et positifs
Richard Butler a paru cependant vouloir minimiser devant la presse la portée de l’avertissement de Bagdad en soulignant qu’il «n’avait jamais utilisé le mot «menaces».
Il a aussi affirmé que l’Irak «avait fait de bons progrès, solides et positifs», tout en soulignant ses «très sérieuses inquiétudes» sur la liberté d’accès des inspecteurs.
Mais les menaces irakiennes ont pris de court, même les pays les mieux disposés vis-à-vis de Bagdad, comme la Russie.
L’ambassadeur russe à l’ONU, Serguei Lavrov, a ainsi qualifié cet avertissement d’«inacceptable», selon des diplomates.
Celles-ci, en tout cas, «ne sont pas le meilleur moyen de convaincre les membres du Conseil» d’adopter une attitude plus conciliante, a estimé un diplomate occidental.
L’ambassadeur de France, Alain Dejammet, a noté qu’«aucune sanction contre l’Irak n’avait été imposée depuis 1991. Il serait paradoxal que le Conseil prenne aujourd’hui des mesures additionnelles qui risqueraient de porter atteinte à l’unité du Conseil et de décourager l’Irak».
Les quinze du Conseil sont traditionnellement partagés entre d’un côté les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, partisans d’une ligne dure face à Bagdad, et de l’autre la Russie, la France et la Chine, favorables à plus de souplesse.
Le représentant américain Peter Burleigh a saisi cette occasion pour affirmer que la menace irakienne est une violation des résolutions de l’ONU selon lesquelles l’Irak doit autoriser un accès inconditionnel et immédiat aux inspecteurs de l’UNSCOM.
Les Etats-Unis ont soumis un projet de résolution qui doit être discuté vendredi par le Conseil instaurant des restrictions de voyages à des officiels irakiens.
La Russie devait proposer de son côté un autre projet de résolution qui repousserait de six mois toute décision sur de nouvelles sanctions. (AFP)

