Le tribunal, dont les décisions sont sans appel, siégeait depuis deux mois. Il a condamné également 53 autres islamistes à des peines de prison, la plupart avec travaux forcés, allant de 2 ans à la réclusion à perpétuité, et a acquitté 31 autres personnes.
Selon l’acte d’accusation, les condamnés projetaient de faire sauter une voiture bourrée de 150 kg d’explosifs à Khan el-Khalili, le célèbre bazar du Caire, très fréquenté par les touristes, mais les services de sécurité avaient déjoué juste à temps l’attentat.
Seul des trois condamnés à mort à comparaître devant la cour, Adel Ali Bayoumi Sudani, 41 ans, surnommé «le professeur», était accusé d’avoir «dirigé l’aile militaire du groupe». Il a éclaté en sanglots à l’énoncé du verdict.
Les deux autres condamnés, en fuite, sont accusés d’avoir dirigé le groupe islamiste depuis l’étranger. Il s’agit d’Adel Abdel Méguid Abdel Bari et d’Ahmed Ibrahim Sayed Naggar.
Le premier, avocat de profession, présenté comme le véritable chef du Jihad, vit en Grande-Bretagne où il a obtenu, selon les services de sécurité égyptiens, le droit d’asile politique. Il est également considéré comme le principal responsable du financement de l’organisation.
Le second est accusé d’être responsable de la propagande du Jihad à l’étranger.
Justice divine
Les trois sentences de mort portent à 94 le nombre d’islamistes condamnés à la peine capitale en Egypte depuis le début de la vague de violence intégriste en mars 1992. 57 de ces peines ont été exécutées.
Deux autres islamistes ont été condamnés aux travaux forcés à perpétuité: Youssef Abdel Rahman Hassan Guindi, un laitier de 31 ans, et Wahid Saad Fekri Hammam Mekkawi, un commerçant de 25 ans.
Les accusés portaient des gallabiyas (robes masculines) blanches. A l’annonce des sentences, les condamnés ont crié: «Nous ne reconnaissons que la justice divine» et «un jour, c’est nous qui vous traduirons en justice».
Tous étaient accusés d’appartenir depuis 1989 au Jihad, une organisation qui appelle au soulèvement contre le régime du président Hosni Moubarak, et commet des attentats contre la police et les personnalités publiques, et des actes de sabotage.
Cette organisation, en sommeil ces deux dernières années, est responsable de l’assassinat de l’ancien président Anouar Sadate en 1981.
Dans le groupe figure un Britannique d’origine égyptienne, Akram Abdel Aziz Charif, 37 ans, qui a été condamné à 10 ans de prison. Chauffeur de profession, rentré il y a quelques années en Egypte, il était accusé d’avoir servi d’officier de liaison entre les dirigeants de l’étranger et les cellules égyptiennes.
Au total, 102 hommes avaient été arrêtés dans le cadre de l’instruction, commencée en décembre 1995, mais seulement 86 ont été jugés.
La majorité habitait à Kirdassa, un village connu pour ses tapis, proche des Pyramides de Guizeh. Les autres demeuraient dans la région du Caire, dans le nord de l’Egypte (région du Delta, Alexandrie, Port Saïd) et dans le sud (Assouan). Le plus jeune des accusés a 17 ans et le plus âgé 55 ans.
En apprenant le verdict, à l’extérieur du tribunal, cerné par les forces de sécurité, une dizaine de femmes se sont mises à hurler en se jetant par terre. (AFP)

