Jeudi soir, des manifestations de soutien au président du Conseil sortant Romano Prodi ont été organisées par les syndicats des principales usines à Florence et par les militants de gauche à Bologne (nord).
«J’ai perdu mes illusions, l’Italie ne changera pas», commentait, déçue, une jeune concierge romaine.
«Ce sont de toute façon toujours les mêmes qui se sucrent. Ils changent de poste mais restent là où on peut se remplir les poches. Il n’y avait vraiment pas besoin de changer de gouvernement», marmonne un pompiste.
«Je n’y croyais pas, on dirait qu’une machine folle s’est emballée sans ne plus pouvoir être contrôlée», estime un étudiant.
La presse italienne d’hier a critiqué fermement les communistes pour avoir provoqué la crise tout en rendant hommage au président du Conseil sortant Romano Prodi.
«Ce qui semblait illogique politiquement, nuisible économiquement, suicidaire pour la gauche, s’est réalisé pas à pas sous les yeux des citoyens», écrit l’éditorialiste du quotidien «La Repubblica».
Ce qui s’est passé «est dangereux pour le pays, dramatique pour la gauche italienne» et cela «risque de compromettre le chemin difficile de notre pays vers Maastricht et le fragile bipolarisme italien», ajoute-t-il.
«Comme toujours, avec le système majoritaire ou le proportionnalisme, avec Prodi ou Berlusconi, les gouvernements ne durent pas, avec comme résultat, la défiance internationale et interne», conclut-il.
Pour le quotidien de gauche «l’Unita», c’est «notre jour le plus moche. Rage, incrédulité, douleur, tels sont les sentiments de ceux qui ont cru dans l’Olivier (la coalition de centre-gauche sortante) et qui faisaient confiance à Refondation Communiste».
Pour «La Stampa», quotidien de Turin, Refondation Communiste «dès l’ouverture de la crise, n’avait pas en tête l’amélioration du budget, ni la défense des pauvres gens mais le naufrage de la gauche réformiste qui tentait l’expérience du pouvoir».
«Une Europe qui a tourné la page des guerres civiles idéologiques de ce siècle, renonçant aux tentations utopiques et totalitaires, fascistes ou communistes était intolérable» pour Refondation Communiste, lance le journal.
A la Une, le quotidien d’extrême-gauche «Il Manifesto» titre «Faisons-nous du mal» puis en chapeau écrit: «Une sale page politique signe la fin du gouvernement de centre-gauche, né il y a à peine un an et demi d’un vote populaire». «Refondation Communiste ouvre une crise terrible qui pouvait être évitée» ajoute-t-il.
«Les incertitudes recommencent et les enchères peuvent s’ouvrir», écrit dans un éditorial le quotidien de Milan, Corriere della Sera.
Le quotidien romain, Il Messagero, estime que les communistes ont manœuvré pour obtenir «un changement de cap radical du gouvernement, un changement qui humilie la gauche libérale et syndicale».
Exprimant l’opinion d’une droite favorable au projet de budget 1998 qui a fait tomber Romano Prodi, le journal, soulignant les risques pour l’entrée de l’Italie dans l’euro, appelle à «une solution rapide». (AFP)

