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Actualités - Chronologie

Sans gouvernement stable, Rome risque de rater son entrée dans l'Europe

L’éclatement du premier gouvernement de centre-gauche depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale fait peser une lourde hypothèque sur l’entrée de l’Italie dans l’euro, alors que le pays avait fait des efforts spectaculaires pour assainir son économie.
L’instabilité politique qui risque de durer, le temps que soit formé un gouvernement élargi au centre-droit ou un Cabinet de transition, risque, selon les observateurs, de provoquer des tensions sur les marchés financiers et donc conformer aux critères de la monnaie unique.

Chaque hausse d’un point des taux coûte environ 20.000 milliards de lires (environ 11,7 mds USD) supplémentaires à l’Etat italien dont l’endettement global dépasse déjà les 2 millions de milliards de lires (environ 1,1 md USD).

«L’objectif européen est à portée de main, il est non seulement possible mais obligatoire», avait lancé jeudi le président du Conseil Romano Prodi, à la Chambre des députés, en tentant une nouvelle fois de convaincre ses alliées communistes de voter le budget et ne pas faire chuter le gouvernement.
En un an et demi, Rome est parvenu à réduire le déficit public à 3% du Produit intérieur brut (PIB) contre 6,8% fin 1996 et 7% fin 1995 et à dompter l’inflation (revenue à 1,4% en septembre contre 4 à 5% en avril 1996). Les taux d’intérêt à long terme sont descendus de 10% à 6% et la lire est revenue depuis novembre dans le système monétaire européen (SME).
L’Italie remplit donc déjà, selon M. Prodi, quatre (déficit, inflation, taux d’intérêt et appartenance au Système monétaire européen (SME) depuis deux ans) des cinq critères d’accès à la monnaie unique.
La tendance s’est inversée pour le dernier critère, le poids de la dette publique (actuellement 120% du PIB contre 60%, requis) qui a commencé à s’alléger.

Chômage: 12%

Le budget proposé pour 1998 devait comporter une réduction de 25.000 milliards de lires (environ 15 mds USD) du déficit public afin de le ramener à 2,8% du Produit intérieur brut (PIB). La loi de finances, la plus légère des dix dernières années (elle portait sur 62.500 mds l’an passé) devait être la dernière faite de coupes dans les dépenses, avait promis M. Prodi.
Mais ce sont les économies que l’exécutif comptait faire en réformant le système de protection sociale et notamment les retraites qui ont fait chuter le gouvernement.
Le principal écueil qui a contribué à faire tomber le gouvernement résidait dans les économies que l’exécutif comptait réaliser en réformant le système de protection sociale et en particulier les retraites qui absorbent les deux tiers de ce type de dépenses.
Ces coupes avaient été revues nettement à la baisse (à environ 5.000 milliards) à la suite d’un compromis avec les syndicats. Mais cet accord fait sans eux a provoqué la colère des communistes. Ces derniers se sont arc-boutés sur les retraites à l’ancienneté, formule unique en Europe qui permet de partir après seulement 35 ans de cotisations, dès l’âge de 52 ans.
Malgré les mesures d’austérité, les premiers signes de reprise se font sentir depuis quelques mois: la production industrielle a commencé à repartir tout comme les commandes et le chiffre d’affaires dans ce secteur (+12,1% et +6,5% en juillet sur un an, selon des données officielles diffusées jeudi).
La confiance des industriels était de nouveau au beau fixe et les investissements donnent des signes de frémissement, même si le chômage reste la plaie endémique de la Péninsule à 12% avec des points de 30 à 40% dans le Sud de l’Italie. (AFP)
L’éclatement du premier gouvernement de centre-gauche depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale fait peser une lourde hypothèque sur l’entrée de l’Italie dans l’euro, alors que le pays avait fait des efforts spectaculaires pour assainir son économie.L’instabilité politique qui risque de durer, le temps que soit formé un gouvernement élargi au centre-droit ou un Cabinet de transition, risque, selon les observateurs, de provoquer des tensions sur les marchés financiers et donc conformer aux critères de la monnaie unique.Chaque hausse d’un point des taux coûte environ 20.000 milliards de lires (environ 11,7 mds USD) supplémentaires à l’Etat italien dont l’endettement global dépasse déjà les 2 millions de milliards de lires (environ 1,1 md USD).«L’objectif européen est à portée de main, il est non...