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Actualités - Chronologie

Entre Guevara et Castro, une amitié profonde mais peu démonstrative

Les pensées de Fidel Castro en ouvrant mercredi à La Havane le 5e Congrès du PC cubain sont allées sans nul doute à son compagnon d’armes Ernesto «Che» Guevara de la Serna, abattu il y a trente ans dans le maquis bolivien.
Une amitié profonde bien que peu démonstrative a marqué les relations du «Che» et de Castro en dépit de divergences supposées et enveloppées de silence.
Leur dernier adieu fut une accolade de routine, a raconté Castro en 1988 au journaliste italien Gianni Mina: «C’était une accolade sans beaucoup d’effusion: l’effusion n’était pas son fort, ce n’est pas le mien non plus, mais nous avons senti les choses profondément».
Il a fallu bien des années à Castro pour accepter la mort du «Che». Il a raconté avoir vu et avoir parlé en songe à de nombreuses reprises avec celui dont les restes viennent d’être formellement identifiés.
Pour le monde entier, on enterrera le 17 octobre à Santa Clara (centre de Cuba) le corps du «Che», le héros légendaire. Pour Castro, il s’agit de la dépouille mortelle d’un homme entré dans sa vie en 1956, et qui lui a été si proche qu’il ne l’appelle jamais que «Che», sans l’article qui précède normalement ce surnom.
L’un des rares étrangers à avoir débarqué du bateau «Granma» sur le sol cubain en 1956, le «Che» a écrit «Chant pour Fidel», un poème épique dédié au leader cubain qui ne sera publié qu’après sa mort dans les maquis boliviens: «Allons / ardent prophète de l’aurore / (…) libérer le caïman vert (Cuba) que tu aimes tant».

Méfiant

Méfiant par nature, Guevara a douté des capacités de leader de Castro durant les premières années de la révolution cubaine, comme il l’avoue dans sa lettre d’adieu, lue publiquement par Castro en 1965: «Mon unique faute grave est de n’avoir pas eu davantage confiance en toi et de n’avoir pas compris assez vite tes qualités de chef et de révolutionnaire dès les premiers moments dans la Sierra Maestra» où la guérilla castriste avait engagé la lutte contre la dictature de Fulgencio Batista.
«Je suis fier, ajoutait la lettre, de t’avoir suivi sans hésitation, en total accord avec ta manière de penser et de prendre la mesure des dangers et des principes».
Pour plusieurs chercheurs, cependant, la clé d’éventuelles divergences entre les deux hommes, notamment en ce qui concerne l’URSS et la politique extérieure est dans la phrase, de la même lettre: «Moi, je peux faire ce que tu es empêché de faire en raison de tes responsabilités à la tête de Cuba».
En mars 1965, Guevara quitte la scène publique et, à la tête d’un petit corps expéditionnaire d’une centaine de Cubains, entame ses campagnes «internationalistes» en soutenant la guérilla de l’actuel président congolais Laurent-Désiré Kabila dans ce qui était encore à l’époque le Congo belge.
Des versions expliquant ce retrait d’un des leaders les plus charismatiques de la révolution cubaine commencèrent à courir, certaines malveillantes à l’encontre de Castro. Ce dernier a rappelé: «Beaucoup de rumeurs ont couru à l’époque, certaines réellement calomnieuses. Il y en a qui parlaient de la disparition de «Che», de la mort de «Che», de divergences et ainsi de suite». (AFP)
Les pensées de Fidel Castro en ouvrant mercredi à La Havane le 5e Congrès du PC cubain sont allées sans nul doute à son compagnon d’armes Ernesto «Che» Guevara de la Serna, abattu il y a trente ans dans le maquis bolivien.Une amitié profonde bien que peu démonstrative a marqué les relations du «Che» et de Castro en dépit de divergences supposées et enveloppées de silence.Leur dernier adieu fut une accolade de routine, a raconté Castro en 1988 au journaliste italien Gianni Mina: «C’était une accolade sans beaucoup d’effusion: l’effusion n’était pas son fort, ce n’est pas le mien non plus, mais nous avons senti les choses profondément».Il a fallu bien des années à Castro pour accepter la mort du «Che». Il a raconté avoir vu et avoir parlé en songe à de nombreuses reprises avec celui dont les restes...