Le président du Conseil italien Romano Prodi à rencontré mercredi à la mi-journée le président de la République Oscar Luigi Scalfaro pour l’informer de l’évolution des tractations engagées avec les communistes, qui soutiennent le gouvernement sans y participer.
Ces tractations ont pour but d’éviter la chute du gouvernement de centre-gauche, dont les voix du Parti de la refondation communiste (PRC) lui sont indispensables à la Chambre des députés.
C’est seulement jeudi que le dénouement de cette crise, toute italienne par ses aspects souvent byzantins, devrait être connu, quand Romano Prodi se présentera à la Chambre pour indiquer s’il a trouvé un accord avec ses incommodes alliés communistes. A défaut de cet accord, il annoncerait sa démission.
Confiance malgré la crise
L’ensemble des commentateurs de la presse italienne estimaient mercredi qu’il était impossible de prévoir l’issue de cette crise. En revanche, la Bourse de Milan, ne croyant pas à la chute de gouvernement et faisant confiance en une solution de dernière minute, était en hausse de 1,84% mercredi, tandis que la lire se raffermissait sur le marché européen.
«Aujourd’hui, personne, absolument personne, n’est capable de dire comment on sortira de cette crise et ce qui se passera dans les prochaines semaines», écrit Piero Sansonetti, éditorialiste de l’Unita, le quotidien le plus proche du principal parti de gouvernement, le Parti démocratique de la gauche (PDS).
«Les rencontres entre le gouvernement et Refondation Communiste sont ininterrompues et productives même s’il ne faut pas être exagérément optimiste», a indiqué de son côté Luigi Manconi, porte-parole des Verts, mouvement participant au gouvernement.
Mardi, lors du débat organisé à la Chambre sur cette crise politique, le président du Conseil a annoncé quelques ouvertures dans le domaine social tenant à cœur aux communistes pour les convaincre de continuer à soutenir son gouvernement. Mais ceux-ci les ont jugées insuffisantes sans cependant fermer complètement la porte à la négociation.
Le secrétaire national du PRC Fausto Bertinotti a affirmé que les propositions de son parti «n’étaient pas à prendre ou à laisser» et demandé au chef du gouvernement «d’en accepter au moins une significative».
L’opposition de droite a demandé à Romano Prodi d’entériner le fait qu’il n’avait plus de majorité et de démissionner. Elle a proposé que soit formé un gouvernement d’union nationale, excluant les communistes et les sécessionnistes de la Ligue du nord, pour une durée de un ou deux ans afin de ne pas compromettre l’entrée de l’Italie dans l’euro.
M. Scalfaro, proche des démocrates-chrétiens du Parti populaire italien (PPI) participant au gouvernement, n’est pas favorable à la dissolution du Parlement et souhaite temporiser afin de trouver une solution évitant le traumatisme des élections anticipées.
Il pourrait, selon des sources parlementaires, demander à M. Prodi de se représenter devant le Parlement pour vérifier s’il a toujours une majorité par un vote de confiance, au cas où l’impasse persisterait.
Dans ce cas, selon l’homme fort de la majorité, Massimo d’Alema, secrétaire national du PDS, s’il n’y a pas de majorité claire, il n’y a pas d’autre solution que les élections anticipées. (AFP)

