Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le contrat total, premier acte de grandes manoeuvres gazières au P.O.

Le récent contrat entre la compagnie française Total et l’Iran pourrait augurer de nombreux investissements dans le secteur gazier au Proche-Orient, selon des experts réunis depuis lundi à Nicosie.
Le monde arabe et l’Iran disposent de 37% des réserves mondiales de gaz mais n’assurent que 11% de la production, une large partie de leurs ressources restant inexploitées, souligne Ibrahim Ismaïl, consultant et ancien responsable irakien à l’OPEP.
«Il n’y a pas d’autre exemple pour aucune ressource énergétique d’un tel écart entre volumes de production et réserves», insiste Anthony Scanlan, spécialiste du gaz au British Institute of Energy Economics à Londres.
L’Iran dispose notamment de 21.000 milliards de m3 de réserves prouvées, dont seule une petite partie est exploitée. Un consortium mené par Total a récemment remporté un contrat pour l’exploitation du champ gazier de Pars Sud (10.000 milliards de m3 de réserves), dans le Golfe.
«Alors que les réserves de gaz sont aujourd’hui plus ou moins équivalentes au pétrole, sa consommation ne représente que 60% de celle du pétrole. Au rythme actuel de consommation, les réserves de gaz seront épuisées dans 62 ans contre 42 pour le pétrole», ajoute M. Scanlan.
«L’Europe s’oriente vers le gaz», affirme Pierre Chammas, président d’APS (Arab Press Service), société organisatrice de la conférence de Nicosie.
Selon les experts, la demande est appelée à augmenter et, avec elle, les investissements. «Les réserves non exploitées attireront les investisseurs», selon M. Ismaïl.
D’autant que «les infrastructures au Proche-Orient sont vieilles d’au moins une génération», renchérit M. Chammas.
De nombreuses compagnies ont déjà prévu d’immenses investissements en aval de l’extraction gazière. Le français Total au Yémen et l’anglo-néerlandais Shell à Oman ont engagé des «projets intégrés» comprenant des usines de liquéfaction gazière et des terminaux dans les pays de production mais aussi en Turquie, point de passage vers le marché européen.
Pour amener le gaz des producteurs aux consommateurs, un projet a été lancé en 1986 qui, selon M. Chammas, coûtera 35 milliards de dollars et pourrait voir le jour d’ici 20 ans: relier l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et la Russie aux marchés européens et asiatiques par un seul gazoduc. «Une autoroute du gaz», résume M. Chammas.
L’italien ENI pour l’Europe et le Moyen-Orient et le japonais Chiyoda pour l’Asie sont impliqués dans ce projet. (AFP)
«Le réseau permettrait la communication des trois quarts des réserves mondiales de gaz avec un marché représentant 80% de la consommation mondiale», explique M. Scanlan.
La tension dans la région et les réticences américaines vis-à-vis de certains pays restent le principal obstacle à un tel projet. «Tant que les relations entre les Etats-Unis d’une part et des pays comme l’Iran, la Libye ou l’Iran resteront ce qu’elles sont, ce projet ne pourra voir le jour», ajoute M. Scanlan.
Pour se lancer dans des investissements massifs, les compagnies attendent la réaction américaine au contrat entre Total et l’Iran.
Le récent contrat entre la compagnie française Total et l’Iran pourrait augurer de nombreux investissements dans le secteur gazier au Proche-Orient, selon des experts réunis depuis lundi à Nicosie.Le monde arabe et l’Iran disposent de 37% des réserves mondiales de gaz mais n’assurent que 11% de la production, une large partie de leurs ressources restant inexploitées, souligne Ibrahim Ismaïl, consultant et ancien responsable irakien à l’OPEP.«Il n’y a pas d’autre exemple pour aucune ressource énergétique d’un tel écart entre volumes de production et réserves», insiste Anthony Scanlan, spécialiste du gaz au British Institute of Energy Economics à Londres.L’Iran dispose notamment de 21.000 milliards de m3 de réserves prouvées, dont seule une petite partie est exploitée. Un consortium mené par Total a...