Les fauteuils de délégués de certains chefs militaires pourraient cependant rester vides, comme lors du précédent conclave en 1991, lorsqu’ils avaient été mobilisés à titre préventif pour assurer la sécurité et la défense du pays durant la réunion.
Raul Castro — ministre des Forces armées, frère et successeur désigné de Fidel Castro — et le général Ulises Rosales del Toro, chef de l’état-major, notamment, pourraient être absorbés par ces tâches, raison déjà avancée pour son absence lors du IVe congrès.
Ayant renoncé aux espoirs d’un retour au communisme de l’Europe de l’Est et d’un assouplissement de Washington, La Havane se retranche dans ses positions et veut faire de ce congrès une manifestation de «réaffirmation».
Intitulé «Le parti de l’unité, de la démocratie et des droits de l’homme», le document préparatoire à la réunion soumis au «débat» populaire depuis le 1er juin dernier ne laisse en tout cas pas de grand marge pour d’éventuels changements. 6,5 millions de personnes ont participé aux 230.000 réunions de discussions du texte dans les entreprises ou les quartiers, selon le quotidien Granma, organe du PCC.
«Chambre noire»
En dépit des 20.000 «remarques, modifications, doutes, suggestions, critiques et désaccords» enregistrés officiellement, le document sera approuvé sans grande modification par le congrès, juge-t-on généralement.
La résolution sur le développement économique et social, l’autre document qui sera soumis en séance plénière, n’est connu que dans quelques cercles du PCC mais, selon ce qui en a transpiré, il ne fait que prévoir la poursuite pour le court terme de la réforme économique actuelle.
Pour «Granma», «les conclusions principales du congrès fixeront comment continuer à avancer en période spéciale (le régime d’économie de guerre institué pour faire face aux effets de l’effondrement du camp socialiste est-européen) et du blocus impérialiste» (l’embargo imposé à l’île communiste depuis plus de 35 ans par Washington).
Le discours d’ouverture de Fidel Castro — traditionnellement improvisé en partie et durant toujours plusieurs heures — est la véritable inconnue, la «chambre noire» du congrès.
Les observateurs politiques à La Havane relancent en effet les spéculations sur l’annonce possible «d’ajustements» visant à faire face aux prochaines années et à cette fin de siècle, alors que la génération des «historiques» de la révolution est désormais, comme leur leader, des septuagénaires.
Au-delà des mises en scène et des commentaires, ce qui est sûr, c’est que le congrès de la «réaffirmation» ne s’écartera pas du dogme du parti unique, du communisme et de la suprématie de Fidel Castro, premier secrétaire du parti et commandant en chef des forces armées. (AFP)

