Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

De la Paz à La Havane, les pérégrinations du Journal de Bolivie

Capturant le Che, le 8 octobre 1967, les militaires boliviens s’emparent, entre autres choses, d’un cahier rougeâtre à spirale de 14x20 centimètres, portant la date de 1967 sur la couverture et un agenda marron fabriqué à Francfort.
Ils contiennent ce qui va devenir «Le journal du Che en Bolivie», diffusé dans le monde entier dès 1968, après être arrivé, photocopié, sur le bureau de Fidel Castro.
Trente ans après, les manuscrits originaux — le cahier et l’agenda — sont toujours dans un coffre-fort, dans un des sous sols de la Banque centrale de La Paz, propriété de l’armée.
Les pérégrinations de ce document mériteraient, à elles seules, un livre à part, qui n’existe pas.
Les principales dates en seraient les suivantes:
— Le 10 octobre 67, le général Ovando révèle publiquement l’existence de ces carnets et les montre, au cours d’une conférence de presse.
— Les deux premiers jours, le journal passe de main en main, du capitaine Gary Prado au colonel Zenteno, à l’agent de la CIA Felix Rodriguez, qui le photographie, puis aux services secrets militaires.
—Dans les jours qui suivent, la copie de Rodriguez arrive à Washington. Les chercheurs cubains affirment que la CIA de La Paz est en train de «retoucher» le journal à des fins de falsification.
— Tout au long de novembre, les généraux boliviens tentent de le vendre au plus offrant, en faisant monter des enchères mondiales.
— Le 22 novembre, un décret autorise les Forces armées à disposer des carnets.
— Février 1968: le ministre bolivien de l’Intérieur, Antonio Arguedas, ancien militant de gauche, mais aussi agent de la CIA, fait parvenir à la revue d’extrême gauche «Punto Final» de Santiago du Chili, que dirigeait Manuel Cabieses Donoso, une copie du «journal», pour transmission à La Havane. En possession de microfilms, c’est le journaliste chilien Mario Diaz qui sera chargé de se rendre à Cuba, via le Mexique, autour du 15 mars. Le Chilien Hernan Uribe a révélé, en 1987 dans un livre, cette «Operacion Tia Victoria».
— Le 1er juillet 1968, «El Diario del Che en Bolivia» est diffusé gratuitement à Cuba, avec une introduction de Fidel Castro, avec un tirage d’un million d’exemplaires. Il a été authentifié rigoureusement. Il paraît, juste après, au Chili, en France (Ed. Maspero), en Italie (Feltrinelli), au Mexique (Siglo XXI), en anglais dans la revue américaine «Ramparts» et en allemand chez Trikont. Ni Moscou, ni les pays de l’Europe de l’Est ne le publient.
—Mi-juillet: le journal bolivien «Presencia» diffuse le journal dans sa version complète. En effet, il manquait trois jours dans la première édition. Scandale, enquêtes officielles.
— Juin 1984: les manuscrits des deux carnets du Che et du journal de bord de Pombo, un des guérilleros cubains, sont proposés aux enchères à Londres, chez Sotheby’s. Mise à prix: 350.000 dollars. Le gouvernement bolivien s’y oppose, fait valoir ses droits, car il a été volé, dit-il à Interpol, dans ses archives... par le général Luis Garcia Meza, président de la République (1980-1981), qui l’avait vendu à un «Brésilien», qui lui-même, etc. Meza, purge depuis 1995 une peine de 30 ans de prison, pour «délits contre l’Etat» (AFP)
Capturant le Che, le 8 octobre 1967, les militaires boliviens s’emparent, entre autres choses, d’un cahier rougeâtre à spirale de 14x20 centimètres, portant la date de 1967 sur la couverture et un agenda marron fabriqué à Francfort.Ils contiennent ce qui va devenir «Le journal du Che en Bolivie», diffusé dans le monde entier dès 1968, après être arrivé, photocopié, sur le bureau de Fidel Castro.Trente ans après, les manuscrits originaux — le cahier et l’agenda — sont toujours dans un coffre-fort, dans un des sous sols de la Banque centrale de La Paz, propriété de l’armée.Les pérégrinations de ce document mériteraient, à elles seules, un livre à part, qui n’existe pas.Les principales dates en seraient les suivantes:— Le 10 octobre 67, le général Ovando révèle publiquement l’existence de ces...