David Bar-IlIan, conseiller du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a pour sa part assuré sur la chaîne de télévision britannique «WTN» que M. Mechaal était aussi «l’animateur de la branche militaire» du Hamas.
«Les Israéliens continueront à combattre le terrorisme où qu’il soit, Israël peut atteindre les terroristes là où ils se trouvent», a-t-il ajouté dans une reconnaissance implicite de la responsabilité d’Israël dans l’attaque.
«La bataille contre le terrorisme est un processus continu. Parfois il y a des réussites, parfois des échecs, mais cela ne remettra pas en cause notre politique», a ajouté M. Bar-Illan.
Concernant les critiques en Israël, le porte-parole du gouvernement a indiqué que ces missions relevaient de la responsabilité du Mossad. «En Israël, les décisions sont prises après consultation des services de renseignement et de sécurité concernés», a déclaré M. Naveh. «Ce n’est qu’ensuite que le gouvernement donne son autorisation», a-t-il ajouté.
La presse israélienne avait accusé hier M. Netanyahu d’avoir donné son feu vert sans avoir consulté les autres ministres, notamment le ministre des Affaires étrangères David Lévy.
L’hebdomadaire britannique «Sunday Times» a affirmé hier que le Mossad avait tenté de dissuader M. Netanyahu de lancer cette attaque.
Les services de sécurité, et en particulier le Mossad, dépendent du premier ministre.
Cheikh Yassine
Le gouvernement a observé un mutisme officiel sur l’existence d’un «marché» aux termes duquel Israël a libéré le chef spirituel du Hamas, cheikh Ahmed Yassine, emprisonné depuis huit ans à la demande du roi Hussein en espérant récupérer les deux agents détenus en Jordanie. Cependant un haut responsable israélien proche du gouvernement a déclaré, sous le couvert de l’anonymat, que «cheikh Yassine ne reviendra a gaza que lorsque cette affaire sera réglée», liant ainsi le retour du chef spirituel du Hamas à la libération des deux agents présumés du Mossad arrêtés en Jordanie.
Un ancien conseiller médiatique de M. Netanyahu, Eyal Arad, a expliqué à la radio que le premier ministre était «piégé» par ses propres décisions. «Pour s’expliquer, il devrait reconnaître des faits embarrassants», a souligné M. Arad.
Tous les commentateurs soulignent que le chef du Mossad, Dany Yatom, n’a pu ordonner à ses agents de passer à l’action sans le feu vert du premier ministre .
Le quotidien «Yédiot Aharonot» a, pour sa part, révélé que M. Netanyahu a appelé à son aide un spécialiste américain de la communication, Arthur Finkelstein, qui avait organisé sa campagne électorale l’an dernier.
M. Netanyahu a également tenté de faire jouer le réflexe de l’union nationale. Il a invité dimanche pour le consulter le chef de l’opposition travailliste Ehud Barak.
Prudent dans ses critiques, M. Barak a affirmé qu’aucun «des quatre chefs de gouvernement avec lesquels j’ai travaillé (Menahem Begin, Yitzhak Shamir, Yitzhak Rabin et Shimon Pérès) n’aurait donné son feu vert à une telle opération en Jordanie, pays qui lutte contre le terrorisme».
Avant de présenter d’éventuelles explications officielles, M. Netanyahu va devoir se prononcer sur le sort du cheikh Yassine, qui se trouve en Jordanie et souhaite revenir dans la bande de Gaza, probablement aujourd’hui.
Selon le Mouvement de la résistance islamique (Hamas), le commandant de la région sud qui comprend la bande de Gaza, le général Yom Tov Samia, s’est engagé par écrit à autoriser cheikh Yassine à revenir dans ses foyers. La radio israélienne affirme, en revanche, qu’aucun engagement officiel de ce type n’a été pris. (AFP, Reuter)

