Vainqueur des deux dernières éditions, le sprinter de poche de l’équipe Batik deviendrait, s’il parvenait à ses fins sur l’avenue de Grammont, au terme des 254,5 km de course, le premier coureur à l’emporter trois fois consécutivement.
Les Belges Guido Reybroeck et Gustave Danneels et le Français Paul Maye ont déjà remporté l’épreuve à trois reprises, mais pas dans la foulée.
Minali a d’autant plus de raisons de croire en ses chances qu’il reste sur un probant succès au sprint dans le Tour des Pouilles et que la plupart des gros bras du peloton seront surtout présents pour se tester à une semaine des championnats du monde de Saint-Sébastien.
Pour l’Italien, un triplé serait un véritable couronnement après une saison mi-figue mi-raisin qui l’a certes vu enlever une étape du Tour de France, mais également abandonner dès la deuxième étape du Giro.
Deux autres anciens vainqueurs seront au départ de l’épreuve et auront, l’un comme l’autre, de sérieuses raisons de s’illustrer.
Le Danois Rolf Sorensen, qui l’avait emporté en 1990, peut s’adjuger dès dimanche le classement final de la Coupe du monde. Avec 275 points et 47 d’avance sur Michele Bartoli, Sorensen est idéalement placé.
Pour la même raison, Bartoli voudra briller de même que Davide Rebellin, l’Italien de la Française des Jeux, vainqueur de la dernière manche de la Coupe du monde, le Grand Prix de Zurich.
Pour Johan Museeuw, vainqueur en 1993 et souvent placé au pied de la mairie de Tours, l’enjeu est tout autre. Le champion du monde belge a eu du mal cette saison à digérer son maillot arc-en-ciel et a même dû faire une pause au mois d’août pour recharger ses batteries.
La malchance s’est abattue sur le vainqueur des deux dernières éditions de la Coupe du monde, qui n’a marqué des points que dans deux courses cette saison. Aussi Museeuw voudra sans doute tout miser sur les championnats du monde, même si le parcours de Saint-Sébastien n’est peut-être pas idéal pour lui.
Pour cette raison, on misera peut-être avant tout, côté belge, sur Tom Steels, deuxième l’an dernier.
Dans le camp français, où Laurent Jalabert et Richard Virenque testeront eux aussi leur forme avant le championnat du monde, la même question se pose depuis 41 ans: qui succédera à Albert Bouvet, dernier vainqueur tricolore à Tours en 1956?
Virenque avait fait forte impression l’an dernier avant de laisser les sprinters en découdre, et il pourrait à nouveau tenter quelque chose. Quant à Jalabert, il mise lui aussi tout sur le Mondial, aussi surveillera-t-on plutôt son frère Nicolas, vainqueur ici même en amateurs.
Vainqueur cette semaine de Paris-Bourges, Laurent Roux aura sans doute bien du mal à récidiver dans une épreuve que les coéquipiers des sprinters ne manqueront pas de verrouiller.
Parmi les finisseurs en forme et tout juste sortis de la Vuelta, on retiendra le Danois Lars Michaelsen, l’Allemand Marcel Wust et le Tchèque Jan Svorada, sans oublier le Néerlandais Jeroen Blijlevens.
Parmi les hommes forts qui pourraient tenter un «coup», on observera également le comportement du Danois Bjarne Riis, probant vainqueur cette année de l’Amstel Gold Race.

