M. Debbas a dressé devant ses visiteurs un tableau de la situation du Liban, indiquant que «la priorité allait à l’infrastructure». Toutefois, devait-il ajouter, globalement, le niveau de vie est en hausse et la sécurité intérieure ne pose plus de problèmes, même si la situation au Liban-Sud demeure préoccupante. L’économie reste tributaire des importations, lesquelles représentent quelque 7 milliards de dollars par an contre un milliard pour les exportations.
Le vice-président de la CCIB a souligné que ces chiffres démontraient l’esprit d’ouverture et de libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes qui caractérisent l’économie libanaise. M. Debbas a relevé en outre que les investissements de la diaspora libanaise avaient repris et qu’aujourd’hui le Liban devait s’adapter aux changements intervenus depuis la guerre. «En effet, a-t-il indiqué, les clients naturels du Liban dans la région sont devenus eux-mêmes producteurs et les efforts des entrepreneurs libanais doivent s’orienter vers les marchés mondiaux. C’est dans cette optique que les liens établis depuis de nombreuses années entre votre Chambre de commerce et Beyrouth sont importants».
Pour sa part, M. Willy Monfils, président de la Chambre de commerce arabo-belgo-luxembourgeoise, s’est dit impressionné par la volonté des Libanais de reconstruire rapidement leur pays.
Un autre bilan, celui de la contribution des entreprises belges au chantier du Liban a été dressé. Là, si la participation des hommes d’affaires belges est effective, il semble toutefois que les financements belges fassent quelque peu défaut face aux Italiens ou aux Français. Les secteurs en question sont ceux de l’hydraulique, de la sidérurgie, de la sécurité... En fait, dans ce marché complexe, certaines entreprises belges se sont taillées une place de choix en fournissant, par exemple, une grande part des fers nécessaires au béton, mais par pays du Golfe interposés...
Les interlocuteurs libanais se sont empressés de signaler que certains créneaux étaient encore relativement vierges en matière de coopération, notamment dans le secteur des raffineries de pétrole pour lesquelles le gouvernement envisageait des contrats de BOT pour l’exploitation.
Présent à cette réunion, M. Von den Blum, attaché près l’ambassade de Belgique au Liban et faisant office de chargé d’affaires à la suite du décès récent de l’ambassadeur, a précisé que «si la Belgique n’a pas les moyens de conclure des protocoles de l’envergure de ceux initiés par les Français et les Italiens, le choix des partenaires libanais pour les entreprises belges nous paraît plus efficace que les moyens financiers, d’autant que ces protocoles sont parfois difficiles à utiliser en raison des cahiers des charges».
Par ailleurs, il convient de signaler qu’un protocole entre la Belgique et le Liban existe déjà, qui touche à sa fin. Il a permis le financement par des entreprises belges de certains travaux dans les silos du port de Beyrouth et la réhabilitation du laboratoire de recherches pour l’industrie.
G.H.

