De mars 1942 à août 1944, il a été la plaque tournante du dispositif de déportation des juifs de France vers les camps de la mort, principalement Auschwitz.
Soixante-trois des 74 convois de déportés juifs de France, dénombrés par l’historien Serge Klarsfeld, sont partis des gares de Bobigny et du Bourget, proches du camp de Drancy, emportant dans des trains aux wagons plombés 63.300 juifs dont 10.000 enfants vers les camps d’extermination nazis. Seuls 2.245 d’entre eux sont revenus vivants.
Le camp de Drancy a été placé sous la responsabilité de l’administration française jusqu’en juillet 1943, date à laquelle il passa sous le commandement allemand d’Aloïs Brunner.
Une vingtaine d’autres camps d’internement ont également fonctionné en France sous le contrôle des autorités de Vichy, comme Compiègne, Pithiviers ou Beaune la Rolande, d’où sont également partis des trains vers Auschwitz.
Créé en septembre 1939, le camp de Drancy a d’abord accueilli des communistes et des prisonniers de guerre britanniques avant d’être transformé, en août 1941, par la préfecture de police et à la demande des autorités allemandes, en camp d’internement destiné aux juifs.
4.230 hommes dont 1.500 Français, raflés à Paris entre le 20 et le 25 août 1941, seront les premiers internés juifs du camp.
Installé dans les bâtiments inachevés de la cité ouvrière de «la Muette», le camp était constitué de trois bâtiments de quatre étages en forme de fer à cheval avec une cour centrale de 8.000 m2.
Des miradors et des
barbelés
L’ensemble était entouré d’une double ceinture de ronces artificielles, de quatre miradors et de deux rangées de barbelés entre lesquelles passait un chemin de ronde.
Placé sous la responsabilité du préfet de police, Drancy avait pour chef un commissaire de police. La surveillance du camp était assurée par la gendarmerie.
«Il y avait chez nos gardiens des imbéciles qui faisaient du zèle, d’autres qui acceptaient de faire une sale besogne pour ne pas perdre leur poste, mais aussi quelques authentiques résistants qui nous soutenaient au quotidien», se souvient Henri Bulawko, ancien déporté de Drancy.
Avec la multiplication des rafles, qui culmineront les 16 et 17 juillet 1942 avec celle du Vel d’Hiv à Paris, le camp comptera jusqu’à 8.000 détenus en transit, dont beaucoup d’enfants.(AFP)

