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Actualités - Chronologie

Roumanie : polémique autour de la construction d'une cathédrale à Bucarest

Un projet de l’Eglise orthodoxe pour la construction à Bucarest d’une somptueuse «cathédrale du salut de la nation» déchaîne les passions en Roumanie où ses détracteurs dénoncent son caractère mégalomane.
Aussitôt rendu public, ce projet a été comparé au pharaonique «Palais de (Nicolae) Ceausescu» — la deuxième plus grande construction au monde —, tandis que son auteur, le patriarche Teoctist, est accusé «d’orgueil démesuré».
Bien que les autorités aient donné leur «accord de principe» au projet, elles estiment néanmoins que l’emplacement choisi par l’Eglise orthodoxe — un parc qui abrite également un mausolée ayant accueilli les dépouilles de plusieurs hauts responsables communistes — n’est pas très approprié.
Selon l’esquisse réalisée par l’Eglise, cette construction — dotée de plusieurs annexes — devrait accueillir plus de 10.000 personnes et coûter environ 150 millions de dollars.
«Une telle cathédrale serait vraiment digne de notre croyance, digne de notre peuple et de ses sacrifices sur l’autel de la foi en Dieu», a expliqué l’évêque Vicentiu Ploiesteanu.
Les détracteurs du projet estiment que les fonds alloués à cette construction seraient mieux utilisés pour rénover les églises dégradées par des décennies d’abandon — ou pour refaire une partie des 90 églises détruites par Ceausescu entre 1977 et 1989. Ils soulignent également la «passivité» du patriarche lors de l’«athéïsme agressif» du régime communiste.
«Après avoir laissé Ceausescu démolir une centaine d’églises, dont 20 à Bucarest, sans esquisser le moindre geste de protestation, le patriarche a dû penser qu’il peut expier ses fautes en liant son nom à un projet grandiose», estime l’architecte Alexandru Savulescu.
Vivement critiqué — après la chute de Ceausescu, en décembre 1989 — pour avoir «pactisé avec les communistes», Mgr Teoctist s’était brièvement retiré dans un monastère début 1990, avant de revenir à la tête de l’Eglise orthodoxe quelques mois plus tard.
Ses adversaires, dont certains au sein même du clergé, continuent cependant à réclamer sa démission, estimant qu’il «n’a pas l’autorité morale» pour diriger l’Eglise orthodoxe, qui compte environ 20 millions de fidèles en Roumanie, soit 90% de la population. (AFP)
Un projet de l’Eglise orthodoxe pour la construction à Bucarest d’une somptueuse «cathédrale du salut de la nation» déchaîne les passions en Roumanie où ses détracteurs dénoncent son caractère mégalomane.Aussitôt rendu public, ce projet a été comparé au pharaonique «Palais de (Nicolae) Ceausescu» — la deuxième plus grande construction au monde —, tandis que son auteur, le patriarche Teoctist, est accusé «d’orgueil démesuré».Bien que les autorités aient donné leur «accord de principe» au projet, elles estiment néanmoins que l’emplacement choisi par l’Eglise orthodoxe — un parc qui abrite également un mausolée ayant accueilli les dépouilles de plusieurs hauts responsables communistes — n’est pas très approprié.Selon l’esquisse réalisée par l’Eglise, cette construction — dotée de...