Même les pays comme la Grande-Bretagne, le Danemark ou la Grèce, qui ne feront probablement pas partie de la première vague, font leurs travaux pratiques pour ne pas être surpris par l’événement.
Parallèlement, les administrations publiques travaillent d’arrache-pied pour multiplier les programmes de communication et se préparer à émettre et à convertir leur dette publique en euros dès le jour J.
La FBE estime que l’opération euro coûtera au total aux banques privées européennes l’équivalent de 8 à 10 milliards d’écus (1 écu= 1,10 dollar). Elle s’est empressée de réclamer aux gouvernements nationaux des aides ou l’autorisation de répercuter sur leurs clients une partie de leurs dépenses occasionnées par le passage à l’euro.
Pour le consommateur européen moyen, l’euro ne deviendra pas perceptible avant le 1er janvier 2002, date à laquelle les billets et pièces libellés en euros seront mis en circulation, parallèlement aux billets et pièces nationaux.
En Allemagne, où la résistance populaire à l’euro reste grande, l’Association des banques allemandes a initié dès 1996 un accord interbancaire sur le futur système de compensations en euros. Les débats sur la modification des contrats avec la clientèle privée (emprunts et obligations notamment) sont presque terminés.
Chaque secteur ou entreprise sera responsable du passage à l’euro dans les délais requis.
Le gouvernement allemand a lancé une campagne d’information dont le coût est chiffré à 15 millions de DM pour sensibiliser la population allemande à l’euro par des placards publicitaires dans les journaux nationaux et régionaux.
Gamme complète
En France, le schéma de passage à la monnaie unique pour les instituts bancaires et financiers est déjà en place. Il prévoit le passage à l’euro dès le 1er janvier 99 pour l’ensemble des marchés des capitaux, y compris le marché des actions, de l’ensemble des systèmes interbancaires de paiement et de règlement des gros montants, des systèmes de règlement-livraison des titres et des chambres de compensation.
Pour les opérations de détail, les banques veulent être en mesure d’offrir à leurs clients une gamme complète de services de paiement en euro dès le début de 1999.
Les Pays-Bas, Luxembourg et Belgique prévoient non seulement dès début 99 des systèmes de paiement et émission de la conversion de la dette publique en euros mais aussi la réception des paiements et les déclarations fiscales dans la monnaie européenne.
Les choses paraissent un peu moins avancées dans le pays d’Europe du sud.
En Espagne pourtant, l’ensemble des banques possède déjà le manuel pour la conversion en euros des opérations et procédures et une commission interministérielle a été créée pour coordonner les activités relatives à l’introduction de l’euro.
Au Portugal, les banques seront prêtes à effectuer des paiements en euros dès le lancement de la monnaie unique, mais aucune campagne d’information, du public concernant le passage à l’euro n’a encore été lancée.
En Italie, aucune campagne d’information n’a été lancée et l’Association des banques italiennes a simplement lancé l’étude d’impact de la monnaie unique sur le système bancaire national pour fournir avis et directives aux banques et coopérer avec les autorités monétaires pour que le basculement de l’euro soit efficace.
Au Royaume-Uni, qui normalement ne participera pas à l’euro dès le début, la Banque d’Angleterre prépare un document répondant aux questions sur l’euro le plus souvent posées par l’industrie et les chambres de commerce britanniques. (AFP)

