Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le Sénat américain, apprenti sorcier ou bienfaiteur ?

Assistance à personne en danger ou roulette russe: l’adoption par le Sénat américain d’un texte autorisant les malades souffrant d’affections graves à demander d’être soignés avec des traitements expérimentaux ou des médicaments non encore autorisés par l’administration est loin de faire l’unanimité aux Etats-Unis.
Cette mesure, qui doit encore être votée par la Chambre des représentants, prévoit que les malades atteints d’affections comme le sida, la lèpre ou la maladie d’Alzheimer pourront décider d’utiliser des médicaments n’ayant pas encore reçu l’homologation de l’Administration chargée du contrôle des produits pharmaceutiques et alimentaires (FDA).
Le vote du Sénat, obtenu par 98 voix contre 2, est un «désastre pour la santé publique américaine», s’est aussitôt écrié le groupe de défense des consommateurs Public Citizen.
En revanche, le sénateur démocrate du Maryland Barbara Mikulski a estimé que cela «signifiait que les nouveaux médicaments et appareils pouvant sauver des vies seraient à la disposition des médecins beaucoup plus tôt», ce qui «donnera à la communauté médicale les outils dont elle a besoin pour sauver et prolonger des vies».
Le sénateur républicain du New Hampshire Judd Gregg a souligné de son côté que «cela aiderait à l’emporter sur la prudence à outrance défendue par la FDA».
Cette agence fédérale est en effet considérée par beaucoup comme trop lente dans son processus de vérification des nouveaux produits pharmaceutiques avant leur mise sur le marché. La période moyenne d’étude avant décision a pourtant été rabaissée ces derniers temps à 15 mois pour les nouveaux médicaments proposés, et à moins de 16 mois pour les appareils.
Le Sénat a pris sa décision à l’issue d’un débat de plusieurs semaines au cours duquel les représentants des malades ont fait valoir que les personnes atteintes d’affections mortelles devaient pouvoir prendre leur sort entre leurs mains.

Prudence payante

Les opposants au texte ont souligné que les sénateurs jouaient aux apprentis sorciers en permettant l’accès au marché de nombreux produits pouvant se révéler à risques.
Mais pour les promoteurs du texte, les malades qui ne peuvent plus rien espérer des médicaments sur le marché doivent pouvoir décider de leur traitement en utilisant tous les produits à leur disposition, avec ou sans l’estampille officielle.
Les fabricants, qui se réjouissent du vote du Sénat, devront ainsi fournir au corps médical et aux malades les résultats de leurs tests cliniques sur les médicaments en cours d’expérimentation.
Le texte approuvé par le Sénat prévoit également une réduction des essais à conduire par la FDA pour le contrôle des nouveaux produits, afin de réduire encore le temps d’examen avant mise sur le marché.
Pour accélérer ces procédures, la FDA pourrait même faire appel à des compagnies privées, qui seraient payées par les compagnies pharmaceutiques, pour effectuer les vérifications sur la sûreté des médicaments et appareils.
«Les électeurs peuvent voir clairement quels sénateurs estiment que les profits des industriels sont plus importants que la santé publique», a souligné dans un communiqué la présidente de Public Citizen, Joan Claybrook.
La prudence reprochée à l’administration a en effet été payante à plusieurs reprises, soulignent les opposants à l’allègement des moyens de contrôle. Ainsi, la thalidomide, responsable de nombreuses malformations congénitales en Europe dans les années 1950 avant d’être interdite en 1962, n’avait pas été approuvée à l’époque aux Etats-Unis. (AFP)
Assistance à personne en danger ou roulette russe: l’adoption par le Sénat américain d’un texte autorisant les malades souffrant d’affections graves à demander d’être soignés avec des traitements expérimentaux ou des médicaments non encore autorisés par l’administration est loin de faire l’unanimité aux Etats-Unis.Cette mesure, qui doit encore être votée par la Chambre des représentants, prévoit que les malades atteints d’affections comme le sida, la lèpre ou la maladie d’Alzheimer pourront décider d’utiliser des médicaments n’ayant pas encore reçu l’homologation de l’Administration chargée du contrôle des produits pharmaceutiques et alimentaires (FDA).Le vote du Sénat, obtenu par 98 voix contre 2, est un «désastre pour la santé publique américaine», s’est aussitôt écrié le groupe de...