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Actualités - Chronologie

Les sanctions contre la Libye divisent les grandes puissances à l'ONU

La Libye a ravivé à New York les vieilles divisions est-ouest et nord-sud au Conseil de sécurité de l’ONU à l’occasion de ce qui devait être une réunion de famille célébrant les bonnes intentions de la communauté internationale vis-à-vis de l’Afrique.
Une controverse sur les sanctions contre la Libye a en effet éclaté au grand jour entre Washington et Londres d’un côté, la Russie et l’OUA de l’autre lors d’une session ministérielle du Conseil de sécurité sur l’Afrique.
Les ministres des Affaires étrangères des quinze pays du Conseil de sécurité dont les cinq permanents (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) se sont engagés à accroître leurs efforts pour aider l’Afrique à sortir de la pauvreté et des conflits qui la déchirent.
Mais ce qui devait être un exercice consensuel entre les représentants des pays industrialisés et ceux des pays en développement, s’est transformé en arène aux accents de guerre froide.
C’est ainsi que le président en exercice de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) Robert Mugabe du Zimbabwe et le ministre russe des affaires étrangères Evgueni Primakov ont appelé les Etats-Unis et la Grande-Bretagne à accepter une offre de compromis de la Libye.
«Nous estimons que cette offre devrait recevoir toute l’attention nécessaire de façon à permettre de faire avancer les choses», a déclaré M. Mugabe, qui a offert les bons offices de l’OUA.
M. Primakov a lui aussi estimé que l’offre libyenne «méritait d’être étudiée avec attention».
«Il ne peut pas y avoir de compromis avec la Libye quand il s’agit de terrorisme», a vivement répondu le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright, qui présidait la réunion.

Lockerbie

Tripoli a proposé de faire juger par la Cour internationale de justice de La Haye deux Libyens soupçonnés d’être impliqués dans l’explosion d’un avion de la compagnie américaine PanAm en 1988 au-dessus de Lockerbie, en Ecosse, qui avait fait 270 tués.
Mme Albright a appelé ses partenaires à «rester unis» pour exiger de la Libye le respect des résolutions de l’ONU qui l’obligent à livrer ses deux ressortissants à la justice britannique.
Pour forcer les autorités libyennes à s’exécuter, l’ONU a imposé à la Libye un embargo aérien en avril 1992, renforcé en 1993 par des sanctions économiques.
La Ligue arabe, qui regroupe 21 pays arabes et l’Autorité palestinienne, avait invité dimanche ses membres à assouplir les sanctions en autorisant certains vols.
Le secrétaire au Foreign Office, Robin Cook, a réitéré que la décision de la Ligue risquait de saper l’autorité des Nations Unies.
Quant au ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, il a apporté son soutien à Washington et Londres, en affirmant que l’embargo ne pourra être assoupli que si Tripoli se soumet aux résolutions de l’ONU.
Cette polémique a pesé sur le débat sur l’Afrique, au cours duquel Kofi Annan a appelé la communauté internationale à «agir maintenant» pour aider le continent.
«Nous — et je ne parle pas seulement de ce Conseil mais des Nations Unies et de la communauté internationale dans son ensemble — devons répondre promptement et de manière effective à l’appel de l’Afrique. Nous devons le faire avec des mesures spécifiques et des propositions claires pour l’action», a dit M. Annan.
Il a souligné que sur les 48 pays les plus pauvres de la planète, 33 se trouvaient en Afrique.
Robert Mugabe (Zimbabwe) a, lui aussi, relevé que, sur les 500 millions de personnes vivant en Afrique sub-saharienne, 262 millions vivaient avec moins d’un dollar par jour.
Mais comme seule mesure immédiate, les quinze ministres ont demandé à M. Annan de leur soumettre, d’ici à février 1998, un rapport avec des «recommandations concrètes» sur les moyens de résoudre les conflits et d’assurer un développement durable du continent. (AFP)
La Libye a ravivé à New York les vieilles divisions est-ouest et nord-sud au Conseil de sécurité de l’ONU à l’occasion de ce qui devait être une réunion de famille célébrant les bonnes intentions de la communauté internationale vis-à-vis de l’Afrique.Une controverse sur les sanctions contre la Libye a en effet éclaté au grand jour entre Washington et Londres d’un côté, la Russie et l’OUA de l’autre lors d’une session ministérielle du Conseil de sécurité sur l’Afrique.Les ministres des Affaires étrangères des quinze pays du Conseil de sécurité dont les cinq permanents (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) se sont engagés à accroître leurs efforts pour aider l’Afrique à sortir de la pauvreté et des conflits qui la déchirent.Mais ce qui devait être un exercice consensuel entre...