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Actualités - Chronologie

La vie des femmes en Arabie : aisance et frustration

Argent facile et sans impôts pour une vie sévère où les plaisirs doivent rester clandestins: la vie des étrangères en Arabie Séoudite est un mélange d’aisance et de frustrations.
Les deux infirmières britanniques, accusées du meurtre d’une consœur, avaient choisi cette vie. Elles risquent aujourd’hui la flagellation, voire la décapitation, dans un pays qui applique à la lettre la loi islamique.
Plus de six millions d’étrangers travaillent en Arabie et «la plupart y vivent pour l’argent», relève un homme d’affaires arabes à Dubaï après avoir passé des années dans le royaume wahabite. L’Arabie n’a pas d’impôt sur le revenu et la vie y est moins chère qu’en Europe, selon un diplomate occidental.
Les étrangères ne peuvent travailler que dans les ambassades, ou comme hôtesses de l’air, enseignantes, médecins ou infirmières.
Plus de 80% du personnel dans les 30 hôpitaux séoudiens sont des expatriées, selon un diplomate occidental.
Une infirmière occidentale touche un salaire de quelque 2.000 dollars, est nourrie, logée et reçoit un billet d’avion par an pour rentrer chez elle.
Mais parallèlement à cette aisance financière, les femmes étrangères doivent supporter des lois où les plaisirs, tels qu’ils existent en Occident, sont bannis et les distractions réduites.
«Pour une femme avec des enfants, c’est le paradis», a déclaré une Occidentale employée dans une ambassade. «Mais la vie d’une femme célibataire est très pénible», a-t-elle ajouté.
En Arabie, les femmes n’ont pas le droit de conduire. «Si vous n’avez pas de chauffeur, vous êtes totalement dépendante de votre mari», explique une Irlandaise de 29 ans, ancienne hôtesse de l’air qui vit à Djeddah.
La plupart des infirmières vivent dans les hôpitaux mais doivent être rentrées à 10 heures du soir. A la première infraction, c’est l’avertissement, à la seconde l’expulsion.
«Les célibataires ne peuvent pas fréquenter en public», continue l’employée d’ambassade. Une femme ne peut sortir qu’avec son mari, un frère, son père ou un oncle.
Au restaurant, la police religieuse (moutawa) peut vérifier les papiers d’identité des couples et les contrôles sont fréquents partout.
Dans les boutiques pour femmes, presque exclusivement tenues par des hommes, les cabines d’essayage sont interdites. Vêtements et chaussures doivent être achetés à l’aveuglette.
Une Egyptienne explique qu’elle attend un voyage à l’étranger pour acheter ses sous-vêtements, pour ne pas les choisir sous les yeux d’un vendeur indien ou pakistanais.
La femme doit rester couverte de la tête aux pieds d’une abaya noire. Seules les Occidentales non musulmanes peuvent se découvrir la tête, mais «le regard des hommes est difficile à supporter», dit l’employée d’ambassade.
Cependant, derrière les enceintes des complexes résidentiels, la vie est toute autre.
«Les femmes seules comme les infirmières y sont libres de faire ce qu’elles veulent, la mixité et les bikinis sont permis. 99% d’entre elles ont des amants, a déclaré un Américain qui vit depuis dix ans en Arabie.
L’alcool — de contrebande ou distillé clandestinement— est aussi courant que les soirées, tout aussi interdites.
«Les filles s’amusent bien», rappelle l’hôtesse de l’air, «mais il y a toujours un risque», et les peines sont plus sévères pour les femmes.
Deux infirmières —une Anglaise et une Irlandaise — ont été détenues pendant cinq jours après avoir été arrêtées dans la voiture d’un ami libanais chez qui elles avaient dîné, a raconté l’homme d’affaires.
Les examens médicaux qu’elles ont subi pour vérifier si elles avaient eu des relations sexuelles étaient négatifs mais elles ont été expulsées.
La presse britannique, qui avait tiré à boulets rouges contre la justice séoudienne, admet jeudi que chaque pays a ses lois.
«Nous pouvons ne pas aimer la conception de la justice séoudienne, mais personne n’est obligé d’aller là-bas... quand on choisit de travailler dans un pays, on doit se conformer à ses lois et coutumes», écrit le tabloïd «The Sun». (AFP)
Argent facile et sans impôts pour une vie sévère où les plaisirs doivent rester clandestins: la vie des étrangères en Arabie Séoudite est un mélange d’aisance et de frustrations.Les deux infirmières britanniques, accusées du meurtre d’une consœur, avaient choisi cette vie. Elles risquent aujourd’hui la flagellation, voire la décapitation, dans un pays qui applique à la lettre la loi islamique.Plus de six millions d’étrangers travaillent en Arabie et «la plupart y vivent pour l’argent», relève un homme d’affaires arabes à Dubaï après avoir passé des années dans le royaume wahabite. L’Arabie n’a pas d’impôt sur le revenu et la vie y est moins chère qu’en Europe, selon un diplomate occidental.Les étrangères ne peuvent travailler que dans les ambassades, ou comme hôtesses de l’air,...