En juin, la CNPC avait déjà signé avec le Kazakhstan un contrat de 4,3 milliards de dollars pour l’exploitation de champs pétrolifères sur une période de 20 ans. Pékin avait au même moment pris les marchés mondiaux par surprise en annonçant un contrat d’1,2 milliard de dollars avec l’Irak, alors que les Nations Unies autorisaient de nouvelles exportations limitées de pétrole irakien.
Au total, ces accords sont parmi les plus gros investissements chinois jamais effectués à l’étranger.
«Jusqu’à récemment, la Chine misait entièrement sur les réserves inexploitées de sa province du Xinjiang (nord-ouest). Mais le Xinjiang n’a pas été à la hauteur des espérances et les Chinois ont compris qu’ils devaient se tourner massivement vers l’étranger. D’où cette série de contrats», analyse le directeur d’exploration d’une compagnie pétrolière occidentale.
Les difficultés d’approvisionnement de la Chine ont commencé en 1993 lorsque sa consommation intérieure a pour la première fois dépassé la production. Depuis, les importations ont littéralement explosé, atteignant 100.000 bpj l’an dernier, puis 500.000 actuellement. Le chiffre devrait dépasser 3 millions de bpj vers 2005.
Le revirement stratégique chinois coïncide avec le départ, en janvier dernier, du président de la CNPC, Wang Tao, fervent partisan du développement de l’exploration nationale. Son successeur, Zhou Yongkang, «est beaucoup plus tourné vers l’extérieur et a compris que la Chine devait assurer son approvisionnement à l’étranger avant que le Xinjiang puisse — peut-être — un jour prendre la relève» commente un spécialiste chinois.
Le Kazakhstan apparaît comme un choix logique pour la Chine, son pétrole pouvant être transporté directement par la frontière des deux pays, répondant ainsi au besoin de sécurité de Pékin.
La construction de l’oléoduc qui doit traverser le Kazakhstan d’ouest en est jusqu’au Xinjiang «est peut-être la partie la plus importante de contrat», explique le spécialiste occidental. «Si la CNPC parvient à recevoir suffisamment de pétrole du Kazakhstan, alors il pourrait devenir économiquement justifié de construire un oléoduc à travers toute la Chine, du Xinjiang à la côte est», prévoit-il.
En attendant, la CNPC, qui est parvenue à s’imposer au Kazakhstan face aux géants américains Texaco, Amoco et Unocal Corp., participe à plusieurs projets d’exploration dans d’autres pays, notamment au Pérou, au Soudan et au Venezuela. (AFP).


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