Le gouvernement français de gauche de Lionel Jospin a adopté mercredi un projet de budget 1998 qui met le cap sur l’euro, avec un respect strict du critère des 3% des déficits publics par rapport au PIB.
L’objectif de la qualification de la France à la monnaie unique européenne avant la fin du siècle a été fermement réaffirmé par le ministre de l’économie et des finances, Dominique Strauss-Kahn, à l’issue du conseil ministériel.
Après avoir été au centre d’une controverse à peine voilée entre Paris et Bonn, le strict respect du critère des 3%, à la virgule près, alors qu’il ne serait dépassé que de 0,1% (3,1%) pour 1997.
«Le train de vie de l’Etat est en diminution, il n’augmentera pas plus que les prix, c’est la première fois que ça arrive», a affirmé M. Strauss-Kahn estimant que ce budget va permettre à la France «de prendre le train de la croissance, qui est en train de repartir en même temps que la confiance».
«Nous aurons l’année prochaine une croissance plus forte, que les Européens, plus forte que les Etats-Unis et avec des conséquences heureuses sur l’emploi», a-t-il conclu.
Le taux de croissance qui stagnait autour d’un point depuis le début des années 90 devrait s’élever à 2,3% en 1997 et approcher les 3% l’an prochain, selon l’hypothèse retenue dans le projet de budget.
Le déficit budgétaire de l’Etat au sens strict (sans comptes sociaux et des administrations) en 1998 devrait s’élever à 257,869 mds de FF (43 mds USD), soit 3,05% du PIB, contre 284,820 mds de FF (47 mds USD) dans la loi de finances initiale 1997, soit 3,51% du PIB.
Le déficit budgétaire baisse au total de 26,951 mds de FF (4,4 mds USD).
Le budget prévoit un plafonnement des dépenses à 1,36% légèrement moins que l’inflation prévue de 1,4% en 1998. Les ministères favorisés seront ceux de l’éducation (+3,1%), de l’emploi (+3,6%) et de la justice (+4%).
M. Jospin économise 12,5 mds de FF (2 mds USD) en renonçant à une baisse d’impôt prévue pour l’ancienne équipe au pouvoir, mais a décidé 14 mds (2,3 mds USD) de ponctions fiscales nouvelles.
Les prélèvements obligatoires atteindraient 45,9% du PIB, contre 46% en 1997. La France se place au 5e rang des pays de l’OCDE en terme de prélèvements obligatoires (45,7% du PIB en 1996).
En revanche, la défense fait les frais de ce système des «vases communicants», avec une baisse prévue de 8,9 mds de FF (1,4 mds USD), soit environ 9%.
En plus de sa «mise en garde» sur le budget de la défense, M. Chirac s’est également «inquiété de certaines mesures proposées» touchant les familles, a rapporté Mme Colonna.
«Je souhaite que le gouvernement apprécie bien les conséquences que pourraient avoir de nouvelles décisions susceptibles d’aggraver la situation des familles», a-t-il déclaré, alors que le gouvernement de Lionel Jospin s’apprête à mettre sous condition de ressources les allocations familiales et à revenir sur certaines mesures concernant les emplois familiaux.
Sans attendre, l’opposition s’est déjà engouffrée dans la brèche, dénonçant le «coup de massue» sur les familles et les «classes moyennes». (AFP)

