Yvonne Gilford, une infirmière australienne de 55 ans, avait été retrouvée assassinée dans sa chambre au complexe militaire du roi Fahd à Dhahran (est de l’Arabie Séoudite) le 11 décembre dernier.
Une infirmière britannique, Deborah Parry, 38 ans, a été reconnue coupable du meurtre et risque la peine de mort. Sa complice, Lucille McLauchlan, 31 ans, également infirmière et de nationalité britannique, a été condamnée à huit ans de prison et 500 coups de fouet, a annoncé un communiqué du cabinet International Law Firm, qui ne précise pas la date du jugement.
Le procès de Lucille McLauchlan, 31 ans, et Deborah Parry, 38 ans, s’était ouvert en mai devant le tribunal islamique de Khobar.
Les deux femmes avaient été arrêtées quelques jours après le meurtre par la police séoudienne alors qu’elles utilisaient la carte bancaire de la victime, et avaient reconnu le crime, selon la police.
Mais à l’ouverture du procès, elles ont plaidé non coupables, affirmant que leurs aveux leur avaient été extorqués sous la contrainte et en échange d’une promesse de rapatriement.
Les personnes reconnues coupables de meurtre, viol, vol à main armée ou trafic de drogue sont exécutées en Arabie Séoudite. Depuis le début de l’année, au moins 105 personnes ont été décapitées.
Aucun Occidental n’a cependant été exécuté depuis plusieurs décennies dans le royaume.
La Grande-Bretagne a jugé «inacceptable» et anachronique la condamnation à 500 coups de fouet de Lucille McLauchlan, tout en s’employant à éviter une crise avec Ryad sur cette affaire.
Le secrétaire au Foreign Office Robin Cook qui a critiqué la décision de justice prise à l’encontre de Lucille McLauchlan, s’est gardé de tout commentaire sur le sort de la seconde infirmière, Deborah Parry, passible de la peine capitale pour le meurtre de sa collègue australienne, Yvonne Gilford.
Selon son avocat séoudien Saleh Hujailan, Deborah Parry n’a pas été condamnée à mort.
«Nous démentons totalement les informations attribuées par la presse au cabinet International Law Firm, selon lesquelles il est dit à tort que Deborah Parry a été reconnue coupable d’homicide volontaire et condamnée à mort», a affirmé Me Hujailan dans un communiqué du cabinet International Law Firm.
«En fait, le nom de Deborah Parry n’a même pas été mentionné aujourd’hui (mardi) à l’audience, au tribunal (islamique) de Khobar», a assuré Me Hujailan.
Deborah Parry, 38 ans, peut échapper à la peine de mort si la famille de la victime accorde son pardon, si le roi Fahd décide de la gracier, ou encore par décision d’une haute cour de justice.
Frank Gilford, le frère d’Yvonne Gilford, qui vit à Adelaïde (Australie) n’a pas renoncé à son droit de réclamer la peine de mort à l’encontre de Deborah Parry, ont indiqué mercredi les avocats de la famille de la victime.
Les avocats de Gilford, ainsi que ceux de la défense, ont tenu à préciser, dans un communiqué, que les déclarations selon lesquelles Frank Gilford avait renoncé à demander la peine de mort contre Deborah Parry «étaient inexactes».
Les discussions se poursuivaient cependant à Adelaïde entre les deux parties.
La presse britannique a appelé mercredi le premier ministre Tony Blair à s’élever contre la justice islamique, après la condamnation de l’une des deux infirmières au fouet et à huit ans de prison pour complicité de meurtre.
Plusieurs journaux demandent l’intervention du premier ministre pour que Lucille McLauchlan échappe aux 500 coups de fouet. La presse appelle également M. Blair à agir en faveur de Deborah Parry. (AFP)


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