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Actualités - Chronologie

Prison de haute sécurité à Pretoria pour les assassins d'état


Les détenus se douchent dans des cages, se «rasent» avec une crème dépilatoire et prennent l’air une heure par jourUn des chefs de l’ancienne police secrète de l’apartheid, Eugene De Kock, est devenu l’un des premiers pensionnaires d’une nouvelle prison sud-africaine de sécurité maximum, destinée à l’isolement total des criminels endurcis, inaugurée à Pretoria.
De Kock, 48 ans, chef de la tristement célèbre unité de Vlakplass, chargée d’éliminer les militants anti-apartheid, a été condamné, le 30 octobre 1996, à la perpétuité, assortie de 212 ans de prison pour six meurtres et 83 autres crimes.
Il est devenu le prisonnier immatriculé 94 616 105 dans cette CMAX (Closed Maximum Security Unit).
Devant la cellule de celui qui s’était lui-même qualifié d’«assassin d’Etat» sont précisées sur un petit tableau la sentence, sa durée et la date d’admission au centre, le 21 septembre. Il est en possession de papier, d’un crayon et d’une carte de téléphone pour ses rares appels autorisés.
Cet ancien chef d’escadrons de la mort est l’un des 17 premiers prisonniers transférés dans ce bâtiment abritant les quartiers de haute sécurité, installé dans la prison centrale de Pretoria.
«Seuls le minimum des droits inscrits dans la Constitution seront autorisés» aux prisonniers, a indiqué le ministre des Affaires pénitenciaires Sipho Mzimela lors d’une visite organisée pour la presse.
«Il faut s’assurer qu’ils ne vivent pas dans une prison cinq étoiles», a renchéri Limpho Hani, présidente de la commission parlementaire sur les prisons et épouse du dirigeant communiste Chris Hani, assassiné en 1993. Elle faisait référence aux accusations d’incarcération luxueuse — télévision et téléphone notamment — de De Kock avant son procès.
L’Afrique du Sud, qui a aboli la peine de mort, est frappée par une criminalité galopante et partage avec les Etats-Unis le record mondial de tueurs en série, selon la police sud-africaine.
Paradoxalement, les autorités pénitenciaires ont nommé une jeune femme de 26 ans, Doreen Krauze, pour diriger l’établissement qui abritera 95 prisonniers. Ancien membre des unités anti-émeutes de la police, elle a reçu «un entraînement de choc pour traiter avec le crime violent», a précisé M. Mzimela.

Un bunker

Les détenus, en salopette orange vif, sont seuls dans leur cellule, où ils prennent leurs trois repas quotidiens, lisent des ouvrages prêtés par la prison et étudient, s’ils le désirent, exclusivement par correspondance.
Ils se douchent dans des cages, s’ôtent la barbe avec de la crème dépilatoire et prennent l’air dans d’autres cages installées à l’intérieur d’une cour grillagée, le tout une heure par jour. Ils n’ont aucun contact physique les uns avec les autres.
Dans ce bâtiment quasiment transformé en bunker, un matériel de protection hautement sophistiqué, dûment expérimenté aux Etats-Unis, a été introduit par la première fois en Afrique du Sud, selon le chef de projet Frikkie Venter.
Les gardiens sont armés d’un pistolet paralysant déchargeant 50.000 volts, d’un bouclier en plexiglas envoyant des décharges de même puissance, de gilets pare-balles avec une protection supplémentaire à la nuque, et de casques.
Aucun prisonnier ne sort de sa cellule sans menottes. Parmi les modèles utilisés figure une ceinture tissées, immobilisant les mains des deux côtés du corps et dotée d’un récepteur attaché au dos. Toute désobéissance est sanctionnée par une décharge électrique de même voltage, activée à distance par un gardien.
Cette expérience pilote débouchera sur la mise en place de dix-sept autres établissements similaires, dont le prochain à Kokstad (KwaZulu-Natal, est) recevra 1.500 détenus. Les bâtiments nouvellement construits et gérés par le privé comporteront une surveillance électronique, a précisé le ministre.
Le gouvernement avait annoncé en mars dernier la transformation de mines désaffectées en CMAX, mais il a suspendu ce projet face à un tollé général en Afrique du Sud comme à l’étranger.
La population carcérale est passée de 125.000 en décembre à 135.000 ce mois-ci. Les détenus s’entassent dans 240 prisons, souvent surpeuplées jusqu’à 200% de leur capacité. (AFP)
Les détenus se douchent dans des cages, se «rasent» avec une crème dépilatoire et prennent l’air une heure par jourUn des chefs de l’ancienne police secrète de l’apartheid, Eugene De Kock, est devenu l’un des premiers pensionnaires d’une nouvelle prison sud-africaine de sécurité maximum, destinée à l’isolement total des criminels endurcis, inaugurée à Pretoria.De Kock, 48 ans, chef de la tristement célèbre unité de Vlakplass, chargée d’éliminer les militants anti-apartheid, a été condamné, le 30 octobre 1996, à la perpétuité, assortie de 212 ans de prison pour six meurtres et 83 autres crimes.Il est devenu le prisonnier immatriculé 94 616 105 dans cette CMAX (Closed Maximum Security Unit).Devant la cellule de celui qui s’était lui-même qualifié d’«assassin d’Etat» sont précisées sur un...