L’Institut, qui sera officiellement inauguré le 20 octobre à Tel-Aviv, est fondé sur l’idée que «la paix est, fondamentalement, un exercice économique», a expliqué l’ex-dirigeant travailliste au cours d’une conférence de presse.
L’objectif est «de mobiliser les forces qui ne participent pas actuellement aux importants efforts pour la paix, comme les grandes sociétés en Europe et aux Etats-Unis, ou les hommes politiques, qui ne sont pas particulièrement actifs dans le processus de paix», a déclaré M. Pérès.
«Nous pensons que le Centre pour la paix peut apporter une réelle contribution au processus de paix, même à une époque de crise et de désespoir», a ajouté M. Pérès en faisant référence au blocage du processus de paix israélo-arabe dont il fut l’un des grands architectes lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères (1992-95) puis premier ministre (1995-96).
M. Pérès, qui continue ainsi à développer son idée de «Nouveau Moyen-Orient» qu’il avait tenté de promouvoir lorsqu’il était au pouvoir, a mobilisé ses relations internationales.
L’Institut Pérès est ainsi patronné par un «Conseil des gouverneurs» comprenant 126 personnalités internationales, parmi lesquelles le président du Parlement palestinien Ahmed Koreï (Abou Alaa), les anciens présidents américain et soviétique Jimmy Carter et Mikhaïl Gorbatchev, l’évêque sud-africain Desmond Tutu, l’ancien président de Chrysler Lee Iacocca, l’écrivain italien Umberto Eco ou encore le premier ministre français Lionel Jospin.
Contributions
internationales
L’entreprise est financée par des contributions internationales, essentiellement privées, qui sont destinées à établir un fonds de 25 millions USD d’ici la mi-1999, a expliqué le directeur-général du Centre, M. Uri Savir. Environ le tiers de cette somme a déjà été récolté depuis que l’idée du Centre a été lancée il y a un an, a ajouté M. Savir.
L’Institut entend parrainer et contribuer à financer des projets de développement au Proche-Orient, comme la création d’une zone industrielle dans la région de Karni, à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, qui pourrait à terme offrir 20.000 emplois, a indiqué M Pérès.
L’Institut entend également se consacrer au développement de l’agriculture et à des projets de formation, ainsi qu’à un plan de coopération entre villes palestiniennes, israéliennes et européennes, sous le parrainage du président français Jacques Chirac et du chancelier allemand Helmut Kohl, a ajouté l’ancien premier ministre.
M. Pérès n’entend cependant pas se lancer à nouveau dans la politique, après une activité publique d’un demi-siècle en Israël. «C’est un institut non partisan, non gouvernemental et à but non lucratif», a-t-il dit. «Il n’a rien à voir avec les partis».
L’ancien premier ministre a cependant égratigné à demi-mot son successeur de droite Benjamin Netanyahu. «Je pense que c’est le bon moment (pour lancer l’institut) car il ne faut pas laisser la paix, de même que nous ne pouvons pas laisser tomber notre espoir», a-t-il déclaré. «Je pense que la paix est un must».

