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Actualités - Analyse

Revue hebdomadaire des marchés financiers Persistance des incertitudes à Beyrouth

Les incertitudes ont continué de prévaloir sur le marché des changes de Beyrouth encore la semaine dernière, en raison de la persistance des inquiétudes que suscitent aussi bien la situation intérieure que celle sur le front avec Israël, à un moment où les perspectives économiques et financières du pays sont des plus difficiles. Pourtant, en dépit des réticences des opérateurs à se débarrasser du dollar en faveur de la livre libanaise, celle-ci n’en allait pas moins montrer une orientation toujours positive. Sa bonne tenue s’est appuyée encore une fois sur l’action de la Banque du Liban (B.D.L.) qui, en satisfaisant toutes les demandes du dollar, est parvenue à faire déjouer les attaques sur la livre destinées à provoquer des dégagements d’opérateurs demeurés jusqu’ici confiants dans leurs placements en cette monnaie.
Cela étant, et compte tenu du niveau des taux d’intérêt libanais dans un contexte de stabilité monétaire, ce mouvement, tendant à privilégier le dollar, ne devait pas prendre d’ampleur, comme en témoigne la contraction des volumes d’affaires du marché au fil des jours, toutes les semaines. Ainsi, aucune perturbation n’a été signalée et la hausse traditionnelle de la livre restait bien au rendez-vous. En effet, le dollar, qui valait 1534,50 L.L. en moyenne selon la B.D.L., au vendredi 12 septembre, est revenu, vendredi dernier, à 1534,00 L.L., en léger repli de 0,03% correspondant au taux d’appréciation de la livre pendant la même période.
Pourtant, le «billet vert» devait être négocié sur le marché interbancaire dans la fourchette élargie de la B.D.L. entre 1529,00 et 1539,00 L.L. mais dans une marge plus étroite entre 1538,75 et 1539,25 L.L. avec un point d’ancrage à 1539,00 L.L. contre une fourchette de 1529,50 à 1539,50 L.L. et une marge entre 1539,25 à 1539,75 L.L. avec un point d’ancrage à 1539,50 L.L. auparavant, soit au même rythme de baisse de 0,03% en moyenne.

Prudence et
expectative à
l’étranger

A l’étranger, les marchés des changes internationaux ont été frappés d’hésitation la semaine dernière à la veille de la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du groupe des «Sept» (pays occidentaux les plus industrialisés) samedi 20 septembre, à Hong Kong, en marge de l’assemblée générale du Fonds monétaire international (F.M.I.) qui débutera demain. La conviction largement répandue que les «grands argentiers» devraient adopter une déclaration sur les taux de change est venue donc inhiber plusieurs initiatives sur le dollar dans les deux sens en fonction des statistiques économiques publiées la semaine dernière des deux côtés de l’Atlantique et du Pacifique.
Cela étant, l’annonce par la Réserve de Philadelphie que son indice de conjoncture aurait reculé de 24,3 points en août à 20,4 points en septembre, témoignant du ralentissement de la croissance économique américaine et écartant toute perspective de relèvement des taux d’intérêt aux États-Unis lors de la réunion du comité de l’open market de la Réserve fédérale fin septembre, ne devait avoir aucun impact négatif sur le dollar, même après l’annonce d’une diminution de 4,8% des mises en chantier de logements le mois dernier contre 4,7% en juillet et du maintien de la hausse des prix à la consommation à 0,2% pendant cette période.
Il en est de même de la publication d’autres indicateurs reflétant une certaine surchauffe de l’économie américaine dont la diminution de 50.000 personnes du nombre des demandeurs d’allocations-chômage pendant la deuxième semaine de septembre (à 306.000 personnes) et la hausse de 0,7% de la production industrielle le mois dernier contre 0,4% en juillet assortie d’une augmentation du taux d’utilisation des capacités industrielles à 83,9% contre 83,6% pendant la même période. Cela d’autant que l’aggravation du déficit commercial américain en juillet à 10,34 milliards de dollars, dont 5,2 milliards avec le Japon, contre 8,29 milliards en juin, dont 4,08 milliards avec le Japon, ne devait même pas avoir d’effets négatifs sur la parité dollar/yen.
En outre, le maintien par la Bundesbank d’un statu quo monétaire, la semaine dernière, malgré la résurgence des signes inflationnistes illustrés par la hausse de 0,7% des prix de gros en Allemagne le mois dernier et la croissance de la masse monétaire (M3) de 5,8% après 5,7% en juillet, n’a guère eu d’influence aussi sur la parité dollar/D.M. Certes tous les regards devaient être braqués sur les grandes assises monétaires de Hong Kong où «il y aura une décision quelconque sur les taux de change», selon le secrétaire américain au Trésor, Robert Rubin, lors d’un briefing à bord de l’avion qui le conduisait, vendredi dernier, vers cette ville. Mais cela «ne veut pas dire qu’il y aura quelque chose de bouleversant», a-t-il ajouté, en invitant le Japon à soutenir la croissance de son économie «par une demande intérieure à la consommation et à l’investissement plutôt que par les exportations», et l’Europe continentale «à renouer avec une croissance plus créatrice d’emplois».
Quoi qu’il en soit, les opérateurs continuaient de s’interroger si la politique du dollar devait rester inchangée après les instances monétaires de Hong Kong, d’autant que la prochaine naissance de l’Euro et ses implications pour le système monétaire international donneront aussi lieu à des échanges de vues lors de ces réunions du groupe des «Sept» et du FMI ainsi que la situation financière dans le sud-est asiatique.
Dans cette attente, le dollar s’est montré généralement indécis à la veille du week-end, achevant la semaine, vendredi dernier, à New York, à 1,7760 D.M. contre 1,7720 au vendredi 12 septembre (+0,23%), à 5,9625 F.F. contre 5,9660 (-0,06%), à 1,4630 F.S. contre 1,4635 (-0,03%), à 1730,00 lires contre 1731,00 (-0,06%), à 1,6125 pour un sterling contre 1,6060 (-0,40%) mais à 122,30 yen contre 120,95 (+1,12%).

Or: marché
sans passion

Les cours de l’or ont continué leur mouvement de baisse, la semaine dernière, dans un marché sans passion, en l’absence d’éléments directeurs. C’est ainsi qu’à New York, la parité de l’once est redescendue, vendredi dernier, en clôture, à 321,20 dollars contre 323,90, au vendredi 12 septembre, opérant un nouveau repli de 0,83% en moyenne.
Par sympathie, l’argent-métal a dû subir, la semaine dernière, la pression de quelques ventes bénéficiaires, le remaniement à New York, vendredi dernier, à 4,6650 dollars l’once contre 4,72 au vendredi 12 septembre, en baisse de 1,17% en moyenne.

Elie KAHWAGI
Les incertitudes ont continué de prévaloir sur le marché des changes de Beyrouth encore la semaine dernière, en raison de la persistance des inquiétudes que suscitent aussi bien la situation intérieure que celle sur le front avec Israël, à un moment où les perspectives économiques et financières du pays sont des plus difficiles. Pourtant, en dépit des réticences des opérateurs à se débarrasser du dollar en faveur de la livre libanaise, celle-ci n’en allait pas moins montrer une orientation toujours positive. Sa bonne tenue s’est appuyée encore une fois sur l’action de la Banque du Liban (B.D.L.) qui, en satisfaisant toutes les demandes du dollar, est parvenue à faire déjouer les attaques sur la livre destinées à provoquer des dégagements d’opérateurs demeurés jusqu’ici confiants dans leurs placements en...