L’inculpation de Saber Abou Oula et de son frère Mahmoud, qui ont tué neuf touristes et leur chauffeur égyptien devant le musée du Caire, doit être décidée par un juge.
Le procureur a accusé les deux assaillants d’«homicide volontaire, de meurtre prémédité avec intentions terroristes et de possession illégale d’armes et de munitions», selon cette source.
Les deux frères ont déclaré aux enquêteurs qu’ils voulaient tuer des «non-musulmans». Ils ont affirmé avoir agi pour venger les affiches blasphématoires pour le Prophète Mahomet placardées en juin dans la ville cisjordanienne de Hébron par une extrémiste juive, a-t-on ajouté de même source.
Durant son interrogatoire, Saber a précisé s’être rendu jeudi en taxi aux abords du musée égyptien du Caire, sur la place très fréquentée de Tahrir, où il a commis l’attentat.
Il a indiqué être monté dans le car, avoir frappé le guide des touristes sur la tête et l’avoir jeté hors du véhicule.
«J’ai ouvert le feu sur les touristes avec mon pistolet tandis que mon frère Mahmoud lançait douze cocktails Molotov sur le bus, dont onze ont explosé», a-t-il avoué aux enquêteurs.
Les deux accusés, qui ont participé à la reconstitution de l’attaque, ont admis avoir acheté les armes et les munitions à deux hommes qu’ils ont identifiés comme Habib Eskandar Abdel Malak et Bakr Ibrahim Chahat. Ils ont précisé leur avoir payé l’équivalent de 2.500 dollars en échange.
Le parquet a ordonné l’arrestation des fournisseurs.
Les enquêteurs, qui interrogent des responsables médicaux, dont l’ancien directeur de l’asile où Saber avait été admis depuis 1993, ont découvert qu’il soudoyait des responsables pour sortir de l’établissement.
Selon son frère Mahmoud, cité par un quotidien, Saber payait des médecins et des employés de l’hôpital de Khanka (nord du Caire) où il était interné après avoir tué quatre touristes en 1993.
L’une des sœurs de l’assaillant a indiqué à al-Ahram qu’il quittait régulièrement l’hôpital pour revenir au domicile familial. «Il demandait de l’argent à notre frère pour soudoyer les gardes de l’établissement», a-t-elle déclaré.
«Quand ses visites sont devenues plus fréquentes, la sœur de mon mari a informé les services de sécurité de l’hôpital», a-t-elle ajouté.
Une autre de ses sœurs avait déclaré que son frère feignait la folie, mais avait juré qu’«il n’est pas fou».
Pas de complices
Selon le ministre de l’Intérieur Hassan Alfi, les deux hommes avaient agi seuls.
«Les deux (frères) n’avaient pas de complices. Les informations faisant état de la fuite de suspects à bord d’une voiture sont infondées», a dit M. Alfi, cité par le quotidien égyptien «al-Ahram».
«Cet incident peut arriver dans n’importe quel pays», a-t-il ajouté.
Les autorités égyptiennes ont démenti les informations selon lesquelles l’attentat était un acte terroriste islamiste.
Selon des témoins, les auteurs de l’attentat étaient au nombre de trois ou quatre et l’un d’eux avait réussi à prendre la fuite à bord d’une voiture qui l’attendait.
A Bonn, le gouvernement allemand, non convaincu par la thèse du dérangé mental, a exigé de la part des autorités égyptiennes des explications complètes sur les circonstances de l’attentat et annoncé l’envoi d’une délégation de haut niveau comprenant des spécialistes de la lutte antiterroriste.
Des agences de tourisme britanniques ont annoncé qu’elles arrêtaient les voyages en Egypte et des voyagistes allemands ont proposé à leurs clients de renoncer, sans frais d’annulation, à leurs séjours dans ce pays.
Mais les médias égyptiens ont insisté sur le fait que le flux de touristes arrivant dans le pays ne tarissait pas. Selon l’agence officielle MENA, quelque 200 Japonais, 150 Belges, 70 Italiens, 45 Allemands et 36 Français sont arrivés au cours des 24 heures en Egypte. (AFP)

