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Actualités - Analyse

Plaidoyer pour une révision de l'accord de Taëf

Une source religieuse haut placée estime «tragi-comique» le fait que le ministre des Déplacés, Walid Joumblatt, qui était au départ opposé à l’accord de Taëf auquel il n’avait souscrit que sous la contrainte, en soit aujourd’hui l’un des plus âpres défenseurs, alors que le patriarche maronite, qui s’était accroché à la conclusion de cet accord contrairement à l’avis de la grande majorité des instances chrétiennes, soit aujourd’hui accusé d’y faire opposition du simple fait qu’il réclame son application complète et équilibrée.
En réalité, l’accord de Taëf a été conclu pour mettre fin à l’état de guerre et les députés, travaillant dans la capitale d’été séoudienne sous la pression insoutenable que constituait la poursuite des bombardements au Liban, ne pouvaient raisonnablement parvenir à mettre au point une nouvelle Constitution dans des telles circonstances.
L’accord de Taëf renferme donc des clauses qui pourraient prêter à équivoque et dont l’interprétation provoque souvent des conflits et des désaccords, comme cela est le cas notamment pour ce qui a trait à la présence syrienne au Liban.
C’est d’ailleurs pour cela que de nombreux politiciens et hommes de loi estiment aujourd’hui que la Constitution née de l’accord de Taëf doit être révisée et un nouvel accord devrait être conclu qui serait, lui, né de la paix et dont le texte serait mis au point dans un climat de calme, sans hâte et loin de toute pression.
Les députés réunis à Taëf n’étaient pas parvenus à un accord sur la date du départ des forces syriennes du Liban, que certains avaient tenu à lier au retrait des forces israéliennes. Et le délai de deux ans mentionné dans le texte de l’accord avait alors découlé du fait que le processus de paix au Moyen-Orient était en bonne voie et que tout le monde pensait qu’il pourrait avoir abouti dans ce délai. Ce qui n’a pas été le cas.

L’indispensable
révision

Pour l’ancien ministre Albert Mansour, les choses sont différentes. Le congrès de Taëf, dit-il, a refusé de lier le retrait israélien et le départ des forces syriennes, considérant en effet qu’il fallait établir une nette distinction entre les troupes israéliennes d’occupation et les troupes syriennes.
Il reste que M. Joumblatt soutient que le maintien ou le retrait des troupes syriennes au Liban doit résulter d’une demande du gouvernement libanais, supposé être un gouvernement d’unité nationale.
Mais où en est-on aujourd’hui du principe même du gouvernement d’unité nationale? Et est-il possible qu’un gouvernement monochrome, dont la plupart des membres doivent leur présence en son sein à la présence syrienne au Liban, puisse réclamer le départ de l’armée syrienne?
Il est donc indispensable de procéder à une révision de l’accord de Taëf. La Constitution ne peut en effet renfermer des clauses pouvant être l’objet de désaccords profonds.

E.K.
Une source religieuse haut placée estime «tragi-comique» le fait que le ministre des Déplacés, Walid Joumblatt, qui était au départ opposé à l’accord de Taëf auquel il n’avait souscrit que sous la contrainte, en soit aujourd’hui l’un des plus âpres défenseurs, alors que le patriarche maronite, qui s’était accroché à la conclusion de cet accord contrairement à l’avis de la grande majorité des instances chrétiennes, soit aujourd’hui accusé d’y faire opposition du simple fait qu’il réclame son application complète et équilibrée.En réalité, l’accord de Taëf a été conclu pour mettre fin à l’état de guerre et les députés, travaillant dans la capitale d’été séoudienne sous la pression insoutenable que constituait la poursuite des bombardements au Liban, ne pouvaient raisonnablement...