Boudé par les Arabes qui refusent tout dialogue basé sur la provocation et l’intransigeance, acculé à la défensive dans les territoires palestiniens face aux coups de boutoir du Hamas, harcelé au Liban-Sud par une résistance omniprésente et meurtrière, Netanyahu semble vouloir contourner l’impasse qui se précise, en s’offrant une nouvelle crédibilité par le biais d’une ouverture en direction de ses adversaires travaillistes.
C’est ainsi que son ministre de la Sécurité intérieure, Avigdor Kahalani, a évoqué hier à Jérusalem la possibilité de former un gouvernement d’union nationale lors d’une rencontre hier avec le chef de l’opposition travailliste en Israël Ehud Barak.
La rencontre entre les deux hommes politiques est intervenue au lendemain d’un changement dans la position du ministre de la Justice Tzahi Hanegbi qui s’est rangé en faveur de la constitution d’un tel gouvernement.
M. Hanegbi, considéré comme un proche du chef du gouvernement Benjamin Netanyahu, a estimé à la télévision qu’un Cabinet d’union nationale était désormais une «nécessité».
M. Barak a estimé à l’issue de la rencontre qu’un Cabinet d’union nationale «n’était pas à l’ordre du jour» et qu’il faudrait un «changement radical de la politique du gouvernement» avant de l’envisager.
M. Kahalani, chef du parti centriste «La Troisième Voie» (4 élus), a estimé cependant que les contacts n’en étaient qu’à leur début.
Le Golan
Autre signe qui suppose également — s’il est vrai — une timide ouverture: Israël est prêt à discuter avec la Syrie d’un retrait de tout le plateau du Golan conquis en juin 1967 et a fait parvenir un message en ce sens à Damas par le biais des Etats-Unis, affirme hier le quotidien israélien «Haaretz».
Israël a proposé qu’en cas de reprise des négociations, «chaque partie sera libre de soulever les demandes de son choix, y compris pour la Syrie celle d’un retrait israélien aux lignes de cessez-le-feu du 4 juin 1967», écrit le quotidien.
Selon le journal, ce message a été transmis verbalement au président syrien Hafez el-Assad, il y a une semaine, par le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright.
Un haut responsable gouvernemental israélien a cependant démenti dimanche qu’Israël ait donné explicitement son accord à des négociations sur un retrait du Golan.
«Nous avons seulement fait savoir aux Syriens que nous étions prêts à entendre tout ce qu’ils avaient à dire», a déclaré à la radio M. Uzi Arad, le conseiller diplomatique du premier ministre Benjamin Netanyahu.
Sur le fond, un autre responsable israélien, le secrétaire général du gouvernement Danny Naveh a réaffirmé le refus d’Israël d’accepter un retrait du Golan tel qu’exigé par Damas.
«Nous ne sommes pas prêts à reprendre les négociations sur la base d’un assentiment israélien à un retrait du Golan jusqu’aux lignes de 1967», a-t-il déclaré à la radio.
Les responsables syriens ont affirmé à maintes reprises être parvenus à un accord tacite avec l’ancien premier ministre israélien Yitzhak Rabin, assassiné en novembre 1995, aux termes duquel Israël se retirerait du Golan, en échange d’une paix totale avec la Syrie.
Le gouvernement de droite israélien estime qu’il n’est pas engagé par cet accord informel alors que l’opposition travailliste affirme que M. Rabin ne s’était pas engagé aussi nettement à un retrait et qu’il avait exigé en contrepartie des garanties de sécurité que Damas n’avait pas voulu donner.
Les négociations israélo-syriennes sont interrompues depuis février 1996 à la suite d’une vague d’attentats anti-israéliens. (AFP-Reuter)

