Le Groenland (territoire autonome du Danemark dans l’Atlantique nord) est dirigé depuis hier vendredi par un nouveau chef de gouvernement, Jonathan Motzfeld, qui remplace Lars Emil Johansen, démissionnaire.
Ce dernier, en poste depuis 1991, avait décidé fin août d’abandonner, à la surprise générale, la politique pour devenir vice-président du groupe Royal Groenland (produits de pêche et phoques).
Jonathan Motzfeld, un pasteur de 58 ans, revient, après six ans comme parlementaire local du parti Siumut (social-démocrate), à la tête de la même coalition gouvernementale avec Atassut (libéral) que dirigeait son prédécesseur.
Il était le premier chef de gouvernement autonome depuis l’octroi à l’île de l’autonomie interne en 1979. Il demeurera à ce poste jusqu’en 1991 avant d’être détrôné, en raison de ses problèmes d’alcool, par son rival Lars Emil Johansen (Siumut).
Jonathan Motzfeld, figure très populaire au Groenland, est partisan d’un droit de regard sur la politique étrangère de l’île qui relève, selon la Constitution danoise, des attributions de Copenhague, comme la défense, la police et la justice.
Il réclame notamment que l’accord de défense entre le Danemark et les Etats-Unis de 1951, autorisant des bases américaines au Groenland, soit révisé et tienne compte des intérêts groenlandais.
Les responsables groenlandais doivent être assis, selon lui, à la table de négociations lorsqu’un nouvel accord sur la défense du Groenland sera signé dans un proche avenir.
Contrairement à son prédécesseur, qui avait défrayé la chronique ces derniers mois, il ne veut accepter les yeux fermés, que le Groenland stocke, en échange de compensations financières, des têtes nucléaires obsolètes des grandes puissances.
Cette idée, proposée au printemps par un cercle d’études américain, avait été bien accueillie par Lars Emil Johansen entraînant de vives tensions avec le gouvernement danois, qui avait refusé catégoriquement que le Groenland devienne un dépotoir nucléaire. Le nouveau chef du gouvernement local est en faveur toutefois qu’une commission indépendante d’experts internationaux évalue les avantages et inconvénients d’un dépôt d’ogives atomiques.
«Il est cependant vital de penser avant tout à l’environnement fragile en arctique», avait-il souligné.
Le Groenland, la plus grande île du monde, recouverte à 90% par les glaces, est peuplé de 55.000 personnes dont 45.000 Inuit (esquimaux) et environ 10.000 Danois de la métropole. L’île, qui renferme des matières premières encore inexploitées — or, diamand, pétrole — vit notamment de la pêche et reçoit des subsides de quelque 3 milliards de couronnes (445 millions de dollars) par an de Copenhague. (AFP)

