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Actualités - Chronologie

La Bulgarie s'attaque à ses millionnaires à crédit

On les estime à un millier et le montant de leurs dettes atteindrait 168 millions de dollars: les «millionnaires à crédit» sont dans la ligne de mire des autorités bulgares qui veulent lever le secret bancaire les concernant.
Ces faux millionnaires sont tenus pour responsables des importants crédits irremboursables qui ont mené à la catastrophe le système bancaire bulgare en 1996.
Selon une loi examinée au Parlement, les personnes ayant emprunté, depuis 1987, des sommes dépassant 5 millions de leva (2.800 dollars au cours actuel) et ayant dépassé de plus de trois mois le délai de remboursement, verront leurs noms publiés dans un bulletin de la banque centrale.
L’idée de cette loi a été lancée lors de débats sur l’ouverture des dossiers des agents et collaborateurs des services secrets communistes. Le député Alexandr Karakatchanov (centre) a demandé que les dossiers des «millionnaires à crédit», qui scandalisent l’opinion publique, soient également ouverts. Un millier de personnes ont contracté de tels emprunts, selon lui.
A la fin de 1995, le secteur bancaire bulgare avait accumulé des pertes totales de 230 millions de dollars, en raison surtout de créances impossibles à recouvrer. 14 banques avaient été fermées dans la perspective d’une faillite, entre décembre 1995 et fin 1996. Paniqués, les Bulgares avaient vidé massivement leurs comptes pour stocker leurs économies dans un coffre-fort ou chez eux.
La presse faisait alors des révélations de cas flagrants de détournement de fonds de banques, mais les enquêtes judiciaires n’ont jamais abouti, en raison du secret bancaire.
Deux noms constituent pour les Bulgares le symbole de ces abus, ceux de Veska Medjidieva et Tsetska Petrova dont la justice bulgare demande actuellement l’extradition auprès de l’Afrique du Sud.
Veska Medjidieva était la présidente et Tsetska Petrova le directeur exécutif d’une banque agricole fondée en 1994 par un groupe privé, Orion, proche du parti socialiste (PSB, ex-communiste) alors au pouvoir. Cette banque avait été créée avec des fonds retirés à d’autres banques et des firmes dont les directeurs étaient liés au PSB.
En 1996, la Cour suprême a dissous cette banque acceptant les motifs du procureur général Ivan Tatartchev selon lequel elle était constituée d’actionnaires fantômes. Entre-temps la banque avait octroyé des crédits non remboursables de près de 2 milliards de leva (30 millions USD au cours de 1995).
Des firmes du groupe Orion, dont certaines appartenaient à Veska Medjidieva, ont mené à la faillite en 1996 la Banque de crédit agricole, meilleure banque bulgare pour 1993 et 1994. Ces firmes y avaient emprunté des sommes irremboursables de 10 millions de dollars, pratiquement sans garantie, le directeur de la banque recevant illicitement une commission d’au moins 10%, a révélé la presse bulgare.
Le virement illicite à l’étranger de capitaux retirés des banques bulgares a contribué à l’aggravation de la crise économique en Bulgarie au début de l’année, lorsque l’inflation a atteint 243% pour le seul mois de février, selon un rapport de la police économique. Plus d’un milliard de dollars ont été transférés à l’étranger en 1996, avait estimé à l’époque le chef de la police économique Dimitar Moskov.
Neuf banquiers de Plovdiv, deuxième ville bulgare, ont été accusés mercredi d’avoir transféré en Autriche, à Hong-Kong et à Dubai des fonds publics de 6 millions de dollars, entre septembre 1994 et février 1995.
Par ailleurs, quelque 130.000 petits investisseurs se sont laissé duper par des escrocs promettant des dividendes de plus de 100% dans les entreprises fantômes qui se sont multipliées en Bulgarie en 1993-94. Les escrocs sont partis à l’étranger.
La France a extradé en juin dernier l’un d’eux, Ivo Nedialkov, arrêté en août 1996 à Cannes (sud). Il avait soutiré en 1994 six millions de dollars à 8.500 actionnaires par l’intermédiaire de sa banque privée East-West International Holding Group qui promettait des dividendes de 105%. (AFP)
On les estime à un millier et le montant de leurs dettes atteindrait 168 millions de dollars: les «millionnaires à crédit» sont dans la ligne de mire des autorités bulgares qui veulent lever le secret bancaire les concernant.Ces faux millionnaires sont tenus pour responsables des importants crédits irremboursables qui ont mené à la catastrophe le système bancaire bulgare en 1996.Selon une loi examinée au Parlement, les personnes ayant emprunté, depuis 1987, des sommes dépassant 5 millions de leva (2.800 dollars au cours actuel) et ayant dépassé de plus de trois mois le délai de remboursement, verront leurs noms publiés dans un bulletin de la banque centrale.L’idée de cette loi a été lancée lors de débats sur l’ouverture des dossiers des agents et collaborateurs des services secrets communistes. Le député...