«Ce que j’ai entendu du congrès est encourageant parce qu’ils (les dirigeants chinois) mettent le doigt ce qui sera le principal défi des prochaines années, la transformation des sociétés d’Etat en entreprises efficaces», a indiqué le directeur général du FMI, Michel Camdessus, dans une conférence de presse.
Des responsables de la Banque mondiale sont allés plus loin en accordant une mention explicitement favorable au rôle de «force réformiste» joué par le PC depuis presque deux décennies.
«Il a clairement agi comme une importante force d’unité et de réforme au cours des vingt dernières années et cela va continuer», a estimé Nicholas Hope, l’ancien directeur du département Chine à la Banque mondiale, en présentant l’étude «La Chine en 2020» publiée jeudi.
Exhaustive sur les performances économiques passées de la Chine, les promesses à venir et les défis qui accompagnent son émergence, l’étude est discrète sur la dimension politique de la mutation en cours. Elle insiste cependant sur la nécessité d’établir un Etat de droit en Chine tout en reconnaissant que cela pourrait prendre «des décennies». Elle appelle aussi à une «guerre contre la corruption».
Pour M. Hope, les réformes démocratiques ont fait des progrès à la base, avec le droit accordé aux habitants des villages et petites villes de choisir leurs dirigeants. «La plupart d’entre nous à la Banque et probablement aussi les gens de Pékin s’attendent à voir cette tendance se poursuivre».
Etant donné la taille et la diversité du pays, la rapidité des changements en Chine et dans son environnement international, «le rôle du Parti communiste est de fournir un forum cohérent» pour dégager les meilleures réponses, a estimé Huang Yukon, le successeur de M. Hope.
Selon lui, «ce qui vient de Pékin est un nouvel encouragement à affronter ces problèmes, mais il ne faut pas sous-estimer les difficultés de la mise en œuvre dans les années à venir».
La modification du régime de la propriété des entreprises d’Etat évoquée par le congrès du PCC implique l’établissement d’un environnement légal et réglementaire, pour que le processus soit transparent et équitable, contrairement à ce qui s’est passé dans certaines économies en transition. Cela demandera du temps, avertissent les responsables de la Banque.
«Le défi pour la Chine est d’aller aussi vite que possible mais dans la transparence pour éviter des retours de bâton», au niveau social et politique, explique M. Huang. (AFP)

