Le texte présenté par 14 pays, essentiellement latino-américains et africains, a été repoussé sans vote par le comité directeur de l’assemblée générale où sont représentés 28 pays.
L’Ukrainien Hennady Oudovenko, président de la 52 Assemblée générale a jugé que la motion ne pouvait être inscrite à l’ordre du jour des travaux de l’assemblée en raison de l’absence de consensus.
Depuis 1993, toutes les initiatives proposant que soit débattue la candidature de Taïwan ont connu le même sort.
Le régime nationaliste de Taïwan a siégé aux Nations Unies jusqu’au 25 octobre 1971, date de son éviction au profit de la Chine communiste en pleine guerre froide.
Les auteurs du texte notaient que la résolution 2758 (XXVI) du 25 octobre 1971 privait 21 millions de personnes — la population taiwanaise — du droit d’être représentées au sein des organismes internationaux.
Ils soulignaient également que Taïwan présente toutes les conditions nécessaires à une candidature aux Nations Unies et que sa présence aux côtés de la Chine pourrait se révéler productive dans la recherche de la sécurité en Asie.
Mais Pékin refuse de débattre de la question et estime que toute intervention extérieure pour que soit évoqué le cas taiwanais à l’ONU constitue une atteinte à sa souveraineté. Le gouvernement chinois n’a jamais reconnu l’existence légale du régime nationaliste de Taïwan et, près de cinquante ans après la partition de 1949, estime toujours que l’île est une province chinoise insurgée.
Le régime de Taïwan est reconnu par trente Etats tandis que 159 autres reconnaissent la Chine.
Le deux régimes se livrent une guerre diplomatique dont l’enjeu est d’accroître le nombre des pays avec lesquels ils entretiennent des relations normalisées. Le Liberia en a fait les frais ce mois-ci: Pékin a rompu ses liens avec l’Etat africain parce qu’il a reconnu Taïwan.
Parallèlement, la Chine a noué des relations diplomatiques avec les Bahamas et Sainte-Lucie, anciens alliés de Taïwan. Sainte-Lucie faisait même partie l’an dernier des pays ayant soulevé la question taiwanaise à la 51e assemblée générale des Nations Unies.
(1) Le Burkina Faso, la Gambie, Grenade, la Guinée-Bissau, le Honduras, le Liberia, le Nicaragua, la République dominicaine, Saint Vincent et les îles Grenadines, les îles Salomon, le Salvador, le Sénégal, le Swaziland et le Tchad. (Reuter)

