Ce dernier a ainsi confirmé une information donnée par la chaîne de télévision japonaise NHK.
La Commission de surveillance des marchés de valeurs mobilières (SESC) accuse Yamaichi Securities, la plus petite des quatre grandes sociétés de Bourse nippones, d’avoir dédommagé un client de ses pertes, ce qui constitue une infraction au droit boursier et au droit commercial.
La plainte touche un ancien dirigeant de Yamaichi et quatre responsables en place, ceux que le Parquet a fait appréhender. L’agence Jiji a rapporté que leur interrogatoire avait déjà commencé et que le dirigeant en question est l’ex-directeur général Hidekuni Iyama.
Le dédommagement, effectué en 22 versements du 11 au 31 janvier 1995, atteint 79 millions de yens (652,000 dollars) et le bénéficiaire, une société nommée Kojin Building, serait quasiment contrôlé par le truand Ryuichi Koike, au cœur d’un scandale de corruption dans lequel sont déjà impliquées la première société de Bourse japonaise, Nomura Securities, et la banque Dai-Ichi Kangyo (DKB).
Perquisitions
La SESC a également porté plainte contre Koike lui-même. Le versement de pots-de-vin au milieu est interdit depuis 1983 au Japon. Les «sokaiya» soutirent de l’argent aux entreprises nippones en les faisant chanter.
La Kojin a ouvert un compte chez Yamaichi depuis juin 1994 et ses pertes remontent à novembre de la même année. Les dédommagements ont été effectués à partir des bénéfices tirés de transactions sur les contrats de Nikkei sur le Singapore International Monetary Exchange (SIMEX).
Les responsables de Yamaichi appréhendés et Koike ont reconnu la plupart des charges, précise-t-on de source gouvernementale.
Le substitut du procureur Kunihiro Matsuo a dit à la presse que le parquet faisait procéder à des perquisitions en une vingtaine d’endroits différents, dont les bureaux de Yamaichi et les domiciles de quelques-uns de ses responsables. Il faudra un jour ou deux pour achever ces perquisitions, a-t-il ajouté.
D’après Jiji, parmi les domiciles perquisitionnés figurent celui d’Iyama et l’ex-chairman Tsugio Yukihira.
La SESC et le parquet de Tokyo avaient procédé à une première perquisition des bureaux de Yamaichi le 30 juillet. Début septembre, des dirigeants de la société de Bourse démissionnaient, comme l’avaient fait auparavant des homologues de Nomura et de la DKB.
Bien que la Bourse de Tokyo ait réagi aux dernières déconvenues de Yamaichi, le titre de la société de Bourse a clôturé en hausse de 15 yens à 240, alors que le Nikkei perdait 1,62%.
Nomura et la DKB ont déjà été sévèrement punies par le ministère des Finances et il reste à voir s’il en sera de même pour Yamaichi. Si c’était le cas, la plus petite des «Big Four» aurait du mal à tenir son rang dans un secteur financier qui se libéralise.
Dans les milieux professionnels, on pense que les deux autres grandes seront elles aussi inquiétées. Il s’agit de Daiwa Securities et de Nikko Securities. (Reuter)


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