Les ministres des Affaires étrangères du CCG — Arabie Séoudite, Koweit, Bahrein, Oman, Qatar et Emirats arabes unis — ont également demandé aux pays étrangers de s’abstenir de donner asile à leurs opposants, une remarque qui semble viser les Etats occidentaux, la Grande-Bretagne notamment.
Au terme d’une réunion de deux jours à Abha, ville du sud-ouest séoudien, les ministres du CCG ont indiqué avoir déclaré dimanche au secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright que «la poursuite du soutien» de cet ensemble au processus de paix dépendait d’un changement dans la politique d’Israël.
Dans un communiqué, ils ont affirmé que leurs pays «continueraient à soutenir ce processus en fonction du degré de respect par le gouvernement israélien de ses engagements contractés avec les parties arabes» depuis le lancement des négociations israélo-arabes à Madrid en 1991.
Le texte dénonce violemment «les actes de répression exercés par Israël contre les Palestiniens, notamment les punitions collectives et le blocus économique qu’il leur inflige».
«Ces exactions ont abouti à des actes de violence désespérés et il n’est pas possible d’évoquer ces actes sans prendre en considération les sentiments de colère et de frustration qui les ont motivés», ajoute le communiqué dans une allusion aux récents attentats à Jérusalem.
Le CCG a rendu hommage aux efforts de Mme Albright, qui a achevé hier sa première tournée officielle au Proche-Orient, et l’a appelée à poursuivre ses efforts pour sortir le processus de paix de l’impasse.
Mme Albright avait plaidé dimanche à Abha en faveur de la conférence économique de Doha, prévue en novembre en présence d’Israël, mais cinq des six pays du CCG — l’Arabie Séoudite, Koweit, Bahrein, Oman et les Emirats — ont réservé leur réponse, conditionnant leur participation à des progrès dans le processus de paix. Le sixième membre, Qatar, est l’hôte de la conférence.
Le CCG s’est par ailleurs prononcé en faveur de l’instauration de relations de «confiance» avec l’Iran à la suite des déclarations de bonnes intentions du nouveau président iranien Mohammad Khatami.
Ils ont cependant déploré que Téhéran «n’ait pas répondu positivement aux appels» des Emirats pour régler pacifiquement leur différend sur trois îles du Golfe. Les Emirats et l’Iran se disputent la souveraineté des îles Abou Moussa, la Grande Tomb et la Petite Tomb, occupées par l’Iran depuis 1971.

