Le jury, présidé par l’actrice Sophie Marceau, a d’autre part partagé son prix spécial entre le film «politiquement incorrect» de Neil LaBute «In the Company of Men», et «Ulee’s Gold» de Victor Nunez, qui marque le brillant retour de Peter Fonda en apiculteur courageux de l’Amérique profonde.
Entre la quinzaine de productions des studios de Hollywood en avant-première et la vingtaine de films indépendants de la compétition officielle et de la sélection «Panorama», le festival de Deauville, créé en 1975, a présenté une palette complète de la production cinématographique américaine.
Au premier rang des superproductions hollywoodiennes projetées à Deauville en avant-première française, le «Volte-Face» de John Woo aura été le plus remarqué, sans oublier Harrison Ford qui est venu sur les planches pour «Air Force One», et Sylvester Stallone, passé en coup de vent pour «CopLand».
Une particularité de cette édition 97 de Deauville aura été de voir plusieurs acteurs dans des films de catégories différentes. Ainsi, l’héroïne de «Jurassic Park II, Julianne Moore, joue aussi dans le «Myth of Fingerprints» aux côtés de Roy Scheider. Ils ont expliqué qu’ils avaient accepté ce projet pour la force du scénario, sans être payés.
Créée il y a trois ans pour démarquer les films «indépendants» des gros budgets hollywoodiens – et casser une image de vitrine commerciale –, la compétition officielle ouverte à 10 films d’auteurs américains a été marquée cette année par les sujets de société.
Equivoque
«Sunday», déjà couronné cette année par le festival du film indépendant américain de Sundance (Utah), prend le contre-pied d’une Amérique qui se gausse de ses résultats économiques.
Dans l’anonymat du Queens, faubourg sans âme de New York, la journée particulière du chômeur de 50 ans est racontée «de l’intérieur vers l’extérieur», confrontée à une pauvreté économique autant qu’émotionnelle.
Le matin de ce «dimanche», Oliver rencontre Madeleine, qui le prend pour Matthew, un cinéaste pour lequel elle avait joué. En une journée, la relation se noue sur cette équivoque autour de l’identité, dans ce quartier sans repères.
Le jeune cinéaste polyglotte, assistant réalisateur d’Adrian Lyne pour «Fatal Attraction», a voulu explorer la «fragilité, la terreur et l’éphémère beauté des relations fondées sur une équivoque partielle ou totale».
Parmi les films en compétition, les week-ends à la campagne de «Love, Valour, Compassion» ont des parfums de «Déclin de l’empire américain», en version homosexuelle. «House of Yes», «The Locusts», ou «Six Ways to Sunday», parlent de dérives sur fond d’inceste.
Le public consulté par le magazine de cinéma français «Première» a préféré le déballage familial du «Myth of Fingerprints», dans lequel frères et sœurs devenus grands, souvent accompagnés de leurs conjoints, se retrouvent pour un week-end en famille, après plusieurs années de séparation.
Marqué par les deuxièmes ateliers franco-américains du scénario, le festival de Deauville n’oublie pas ses enfants: premier couronné de la compétition en 1995 avec «Ça tourne à Manhattan», Tom Dicillo était à l’honneur avec la projection en clôture de son dernier film «The Real Blonde». (AFP)

