Il repose désormais au centre du cimetière européen de Rabat, certes en terre africaine, mais à des milliers de kilomètres de sa ville natale de Lisala, sur les bords du fleuve Congo.
Ce lieu, que Manda, Kongolo et N’Zanga — ses trois fils d’un premier mariage — auraient souhaité n’être que provisoire sera, selon toute vraisemblance, définitif.
Face à un hypothétique transfert de ses cendres en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), sa famille a finalement choisi de construire un caveau familial de six places destiné à rassembler un jour, autour du vieux dictateur, quelques-uns de ses proches. Elle aurait même, dit-on, exprimé son intention de faire construire une petite chapelle à proximité du caveau.
Le «vieux léopard», qui rêvait sans doute il y a quelque temps encore d’autres funérailles, n’aura même pas eu droit à une messe solennelle, prévue en la grande cathédrale Saint-Pierre de Rabat à en juger par les barrières de police mises en place autour de l’édifice, et annulée sans explication.
Alors que les forces de police avaient pour instruction d’assurer la sécurité d’un cortège le long de la majestueuse avenue de la «victoire» qui sépare la cathédrale Saint-Pierre du cimetière européen, la dépouille de M. Mobutu est arrivée directement au cimetière dans une simple ambulance blanche.
Celle-ci, selon le témoignage d’un journaliste présent aux abords lourdement gardés du cimetière, n’était escortée que par les quelques luxueuses berlines de la famille et deux ou trois voitures de police.
La cérémonie d’inhumation, dans ce cimetière totalement interdit au public pour la circonstance, n’a semble-t-il rassemblé qu’une cinquantaine de personnes, toutes proches de la famille. Elle n’aura duré en tout qu’un peu plus d’une demi-heure.
Le 18 mai dernier, sous la pression des forces rebelles de l’Alliance de Laurent-Désiré Kabila, le président Mobutu avait fui en catastrophe son fief de Gbadolite, dans le nord de l’ex-Zaïre, pour se réfugier dans un premier temps à Lomé, au Togo.
Faute d’avoir pu trouver dans la capitale togolaise l’équipement médical que nécessitait son état de santé et, surtout, faute d’avoir pu se réfugier en France, il était arrivé à Rabat le 23 mai pour une nouvelle escale sur le chemin de l’exil.
Celle-ci, selon les autorités marocaines, ne devait être que «provisoire». Mais l’entourage de M. Mobutu — «plus personne ne veut de lui» dira un de ses proches — savait bien qu’elle serait définitive.
Après un mois passé au Maroc, d’abord à Skhirat, près de Rabat, puis près de Tanger, à l’entrée du détroit de Gibraltar, M. Mobutu sera rapatrié en urgence à Rabat par avion spécial en raison d’une brusque détérioration de son état de santé qui nécessitera une intervention chirurgicale.
Arrivé le 17 juin à l’hôpital civil Avicennes, il n’en sortira quelques jours plus tard que pour un autre établissement, militaire cette fois, où il s’affaiblira peu à peu, au point de peser moins de 40 kg à la veille de sa mort. (AFP)


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