La grande métropole surpeuplée et bouillonnante de l’est de l’Inde s’est préparée vendredi à l’un des plus grands événements de son histoire, alors qu’arrivaient les premiers dignitaires étrangers venus s’incliner devant la «sainte» des «pauvres parmi les pauvres».
Les immenses files d’attente de gens attendant de pouvoir défiler devant la dépouille de Mère Teresa à l’église Saint-Thomas, et qui refusaient de partir vendredi soir, soulignaient que cet événement serait celui des anonymes, des pauvres et des laissés-pour-compte à qui elle avait consacré sa vie.
Ce flot continu a conduit les autorités à allonger de plusieurs kilomètres la route qui mènera Mère Teresa à sa dernière demeure, pour permettre à plus de gens de la voir une dernière fois. «Compte tenu du sentiment populaire si évident, la foule pourrait atteindre un million et demi de personnes, selon le temps qu’il fera», a déclaré un responsable de la municipalité, Asim Burman.
«Il y aurait eu trop de pression. Nous avons réalisé que le trajet était trop court après avoir vu l’énorme nombre de gens rendant hommage», a expliqué un responsable de la police, Sujay Chakravorty.
Cette préoccupation a été illustrée hier soir lorsque la police a dû mettre une heure après l’heure prévue de fermeture de l’église pour stopper la file des gens attendant de voir Mère Teresa enveloppée dans le drapeau indien safran, blanc et vert, veillée par des officiers et ses religieuses.
Selon l’église, un demi-million de personnes ont ainsi défilé depuis dimanche dernier, certains faisant le signe de croix, d’autres joignant les mains, paume contre paume, selon la coutume indienne. Un homme handicapé est passé vendredi en rampant.
L’envoyé du pape Jean-Paul II, le secrétaire d’Etat au Vatican Angelo Sodano, et le président italien Oscar Luigi Scalfaro se sont joints à eux hier pour quelques minutes de prière, alors qu’un chœur chantait un hymne spécialement écrit pour l’occasion, «Mère Teresa, rayon de lumière, vous nous manquez aujourd’hui et pour toujours».
D’autres dignitaires étaient attendus à Calcutta, parmi lesquels Hillary Clinton, les reines Nour de Jordanie, Sofia d’Espagne, Fabiola de Belgique, les présidents albanais, indien et ghanéen, l’épouse du président français Jacques Chirac, Bernadette.
Les religieuses de l’ordre des Missionnaires de la Charité qu’avait fondé Mère Teresa en 1950 à Calcutta se préoccupaient de la place qu’auraient à ces obsèques nationales avec honneurs militaires les représentants des laissés-pour-compte auxquels elle avait consacré sa vie.


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