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Actualités - Chronologie

La Thaïlande se dote d'une nouvelle constitution sur fond de crise

La Thaïlande est en train non sans mal de se choisir une nouvelle Constitution qui, si elle est adoptée, devrait bouleverser profondément un paysage politique longtemps dominé par le clientélisme et la corruption.

L’un des principaux obstacles à son adoption a été levé lorsque le premier ministre Chaowalit Yongchaiyudh a finalement décidé devant le Parlement de soutenir le projet de charte, après plusieurs semaines d’incertitude.
Le débat constitutionnel, passionné, survient dans un climat de mécontentement général, au moment où la Thaïlande est confrontée à une graves crise de confiance politique et surtout économique, marquée par la chute de la monnaie locale, le baht.
Il oppose les réformateurs, issus des classes moyennes citadines, aux tenants de l’ordre établi, politiciens et lobbies locaux, hostiles à un texte qui remet en cause le système de patronage traditionnel, encore très puissant dans les campagnes.
«La Thaïlande s’efforce d’entrer dans la modernité avec une classe moyenne grandissante, plus riche, plus libérale, plus entreprenante», explique Kajit Jittasevi, politologue et vice-recteur de l’université de Thammasat.
«Mais celle-ci en a assez du système qui a entraîné la Thaïlande dans la crise économique», souligne-t-il.
Plusieurs milliers de partisans des deux bords ont manifesté dans le calme la semaine dernière à Bangkok, chacun affichant fièrement sa couleur: le vert pour la «charte du peuple», le jaune contre.
Les adversaires de la Constitution avaient mobilisé les paysans et leurs «kamnans» (les chefs de villages), venus de province par autobus spécialement affrétés, avec l’appui du très conservateur ministre de l’Intérieur, Sanoh Thienthong.

Risque de putsch

Les chefs locaux ont peur de voir leur influence, à la base de tout pouvoir politique en Thaïlande, considérablement amoindrie par la Constitution.
Certains articles interdisent notamment le cumul des mandats, une véritable révolution dans un pays où les politiciens dépensent des fortunes pour devenir député ou ministre.
Sous la bannière verte, se retrouvent les professions libérales, les fonctionnaires et les étudiants, la plupart des médias — notamment les deux grands quotidiens anglophones — ainsi qu’une majorité de l’armée.
Cette dernière a perdu de son pouvoir au profit des milieux d’affaires et souffre — tout autant que les classes moyennes — de la baisse du pouvoir d’achat provoquée par la crise du baht et la hausse récente de la TVA.
Si, pour le moment, le général Chaowalit a réussi à préserver la cohésion de sa fragile coalition gouvernementale, la crise politique n’est pas pour autant désamorcée, estiment les politologues à Bangkok.
Le camp réformateur craint que le projet de Constitution ne soit amendé par le Parlement de telle façon qu’il perde toute substance. Le débat risque de traîner encore des semaines avant le vote des députés, contribuant ainsi à la confusion politique et au marasme économique. Jeudi, jour de l’ouverture du débat, le baht a atteint un plus bas historique de 38,40 pour un dollar.
Un référendum est prévu en cas de rejet de la charte par le Parlement, mais il ne ferait qu’ajouter à la tension et pourrait bien, selon les analystes, déboucher sur des troubles populaires.
«Il y a un risque de coup d’Etat militaire pour forcer le Parlement et le premier ministre à faire passer la Constitution», affirme M. Kajit. (AFP)
La Thaïlande est en train non sans mal de se choisir une nouvelle Constitution qui, si elle est adoptée, devrait bouleverser profondément un paysage politique longtemps dominé par le clientélisme et la corruption.L’un des principaux obstacles à son adoption a été levé lorsque le premier ministre Chaowalit Yongchaiyudh a finalement décidé devant le Parlement de soutenir le projet de charte, après plusieurs semaines d’incertitude.Le débat constitutionnel, passionné, survient dans un climat de mécontentement général, au moment où la Thaïlande est confrontée à une graves crise de confiance politique et surtout économique, marquée par la chute de la monnaie locale, le baht.Il oppose les réformateurs, issus des classes moyennes citadines, aux tenants de l’ordre établi, politiciens et lobbies locaux, hostiles à...