En données CVS, le nombre des demandeurs d’emploi a augmenté de 49.000 à 4,456 millions au mois d’août. Son taux s’établit à 11,6% contre 11,5% en juillet.
Le nombre des demandeurs d’emploi non corrigé des variations saisonnières a atteint en août 4,372 millions, contre 4,354 millions en juillet.
La hausse annoncée est très supérieure à ce qu’on prévoyait. Des analystes indépendants consultés par Reuter avant publication des statistiques s’attendaient en moyenne à voir le nombre de chômeurs augmenter de 3.100 en données CVS.
L’opposition social-démocrate (SPD) a aussitôt accusé le chancelier Helmut Kohl de pratiquer une politique sans espoir en matière d’emploi.
«Le chômage reste le problème numéro un pour un gouvernement fédéral qui s’épuise», a déclaré Ottmar Schreiner, vice-président du groupe parlementaire SPD.
Hans Peter Stihl, président de la Fédération des chambres de commerce allemandes (DIHT), a lui aussi dénoncé un blocage politique à Bonn, dont il a imputé la responsabilité à la fois au gouvernement et au SPD.
«Il ne se passe rien dans le monde politique en matière de réformes», a déclaré Stihl. Il a ajouté que les exportations devraient bientôt commencer à créer des emplois mais que les progrès seraient lents.
Waigel: L’emploi ne suit pas la croissance
Le ministre des Finances Theo Waigel a fait valoir au Parlement que le marché du travail ne réagissait pas à la progression de la croissance. «En dépit d’une croissance économique satisfaisante, l’évolution du marché de l’emploi et des recettes fiscales est restée au-dessous de ce que l’on doit attendre», a dit Waigel.
Il a estimé que des problèmes structurels tels que des taxes élevées et une réglementation excessive expliquaient en grande partie que l’emploi ne suive pas une économie qui, selon lui, connaîtra cette année une croissance de 2,5% et de près de 3,0% l’an prochain.
Pour Günter Redeker, économiste à la Chase Investment Bank à Londres, les coupes opérées dans les programmes de création d’emplois fédéraux ont eu un effet négatif. «Il y a (aussi) eu une baisse de l’emploi particulièrement marquée après l’échec du processus de réforme fiscale. C’est un développement très significatif», a-t-il dit.
L’aggravation du chômage n’a pas dissipé la crainte d’un relèvement des taux d’intérêt de la Bundesbank. Certains économistes estiment que la banque centrale s’inquiéterait davantage de la hausse de l’inflation au moment où l’économie redémarre.
L’inflation a atteint 2,1% en août, son taux le plus élevé depuis janvier 1995, selon des chiffres publiés mardi matin par le Bureau fédéral des statistiques.
Le président de l’Office du travail, Bernhard Jagoda, a estimé que le chômage avait atteint un plafond en Allemagne occidentale mais en notant qu’il continuait de s’aggraver dans l’ancienne RDA.
«Le creux (du chômage) devrait être atteint dans les länder de l’Ouest, a-t-il dit lors d’une conférence de presse. Mais dans les länder de l’Est, la baisse du nombre d’emplois a continué».
En Allemagne occidentale, le nombre de demandeurs d’emploi (CVS) a augmenté de 12.000 pour atteindre 3,044 millions en août, alors qu’il s’accroissait de 36.000 à l’Est pour s’élever à un total de 1,412 million. Le taux de chômage s’inscrit à 9,7% dans l’ouest du pays, chiffre inchangé par rapport à juillet. Dans l’Est, en données non CVS, il est passé de 18,1% à 18,3%.
Jagoda s’est abstenu de tout pronostic pour l’ensemble de l’année, se bornant à déclarer: «Septembre sera un mois décisif dans l’évolution du marché de l’emploi». Dans sa prévision la plus récente, il envisageait environ 4,3 millions de chômeurs pour 1997. (Reuter)

