Quelque 590 policiers ont notamment perquisitionné le siège, à Kobé, du Yamaguchi-gumi, la première organisation de Yakusas, ainsi que la résidence à Kyoto de Taro Nakano, le chef de Nakano-kai, une «filiale» tenue pour responsable de l’assassinat le 28 août de Masaru Takumi, 61 ans.
«Il s’agit de la plus grande opération contre les syndicats du crime depuis le meurtre» de Takumi, a indiqué un responsable de la police d’Osaka.
Six personnes ont été appréhendées pendant cette opération qui s’est déroulée essentiellement à Osaka, la grande métropole de l’ouest du Japon, et les agglomérations voisines de Kyoto et Nara.
L’une des personnes interpellées est un membre du Nakano-kai. Deux revolvers et quatorze balles ont été trouvés à son domicile, selon ce porte-parole. Plusieurs autres armes et quatre sabres ont été confisqués.
Aucune arrestation formelle n’a eu lieu depuis la mort de Takumi, lui-même le chef de l’organisation Takumi-gumi, une autre «filiale» du Yamaguchi-gumi dont il était le numéro deux.
Mais ce meurtre a déclenché une lutte pour le pouvoir à l’intérieur du Yamaguchi-gumi qui revendique quelque 18.000 membres à travers le pays, les autorités redoutant des actions de vengeance et une guerre des gangs entre bandes rivales.
La guerre
Le Nakano-kai a été exclu du Yamaguchi-gumi après le meurtre qui s’est produit en plein jour dans un grand hôtel de Kobé. Quatre tueurs avaient fait irruption dans une cafétéria au quatrième étage de l’établissement et ouvert le feu en direction du gangster tué sur le coup.
Un dentiste de 69 ans, qui était assis à une table proche et qui n’avait rien à voir avec les Yakuzas, est mort des suites de ses blessures après la fusillade.
Une douzaine d’autres fusillades ont eu lieu depuis ce meurtre, neuf d’entre elles dirigées contre le Nakano-kai.
Quelque 10.400 officiers de police sont sur les dents depuis ce meurtre, à travers le Japon, surveillant nuit et jour 180 locaux de la pègre, selon les médias nippons. 2.000 sont à pied d’œuvre à Tokyo et 3.000 à Osaka.
Le très redouté Yamaguchi-gumi a été créé en 1915 par des employés du port de Kobé. Il rassemble 40% des gangsters du pays dont certains se sont reconvertis dans les opérations immobilières et boursières louches depuis l’adoption en 1992 d’une loi sur la répression des organisations de Yakuzas.
«La guerre fait rage», proclament les tabloïds japonais depuis que les fusillades se sont propagées jusqu’aux rues de la banlieue de Tokyo où l’on en a dénombré six la semaine dernière.
Dimanche, deux hommes de 19 et 39 ans, des employés d’un bar liés au Nakano-kai qui sommeillaient dans une voiture dans la banlieue ouest de Tokyo, ont été pris pour cible par un tireur qui a pris la fuite. Ils ont été blessés mais leur vie n’est pas en danger.
Dimanche encore, le chef du Yamaguchi-gumi, Yoshinori Watanabe, a demandé aux membres de son organisation de se garder de «tout acte précipité». Son appel n’a pas été entendu puisque le lendemain, une nouvelle fusillade éclatait à Wakayama, au sud d’Osaka, prenant pour cible un bâtiment du Nakano-kai.
Expulsé vers le Japon alors qu’il tentait de se rendre en France pour un traitement médical il y a cinq ans, Takumi était considéré comme un homme affable plus intéressé par les affaires que par la violence. On le disait très actif dans les milieux de l’immobilier et de la bourse.
Takumi aurait joué un rôle modérateur pour éviter tout règlement de compte sanglant lorsque Nakano fut la cible de tirs d’une bande rivale il y a un an. Nakano s’en était sorti indemne. (AFP)


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