En Nouvelle-Calédonie, à feu et à sang il y a quelques années, à la RATP (métro parisien), alors en pleine fronde syndicale, ou à Air France, au bord de la faillite, Christian Blanc arrive à chaque fois comme un pompier.
Entier, Christian Blanc a un caractère trempé mais garde en toutes circonstances un étonnant sang-froid, selon un proche.
Après la tuerie de la Grotte d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie, il est envoyé en 1988 sur «le caillou» par le premier ministre français de l’époque, le socialiste Michel Rocard et devient l’artisan de la réconciliation entre les communautés caldoche et kanak.
Pour une fidèle, il «marche à l’intuition et au coup de foudre». Il recrute ainsi ses collaborateurs qui «se défoncent» pour suivre le rythme infernal imposé par le patron.
Lorsque naissent les ambitions présidentielles de Michel Rocard, M. Blanc est son éminence grise. L’ancien ministre du général de Gaulle Edgard Pisani remarque alors sa force de travail et sa rigueur et, en 1981, l’emmène à Bruxelles où il est devenu commissaire européen pour diriger son cabinet.
Christian Blanc retrouve M. Pisani en 1984, nommé délégué du gouvernement en Nouvelle-Calédonie, et rejoint l’année suivante la préfecture de Seine-et-Marne (banlieue parisienne) où il gère notamment l’implantation de Disneyland à Marne la-Vallée.
C’est en 1993 qu’il prend les rennes d’Air France, en plein mouvement de grève, à la demande du gouvernement Balladur (gaulliste). Il repère vite les failles syndicales et corporatistes entre pilotes, hôtesses ou stewards, et personnels au sol. Au printemps de 1994, il parvient à faire adopter par référendum son plan par les salariés.
M. Blanc devient en 1995 un ardent défenseur de la privatisation de la compagnie. Il rallie à sa cause le premier ministre gaulliste Alain Juppé dont il saluera, un mois avant la défaite de la droite aux législatives, la politique économique qu’il jugeait «la plus adaptée» à la France.
Un éternel cigare calé entre l’index et le majeur, homme de gauche, «par éthique», Christian Blanc se sent plus proche de la droite dans le débat économique.

