Dès le lever du jour, des cohortes de techniciens continuent à s’affairer à régler les derniers préparatifs autour de l’abbaye de Westminster, où sera célébré le service religieux, et tout au long du parcours que doit emprunter la procession funèbre. L’édifice religieux, symbole de la monarchie britannique, était cerné par des kilomètres de câbles électriques et les camions de télévision.
«On travaille de 6h jusqu’à 23h et plus s’il le faut», raconte, les traits tirés, un des chefs ingénieurs de la BBC. La chaîne, maître d’œuvre de la cérémonie pour la partie télévisée, a été quelque peu prise de court par la décision inopinée de Buckingham de rallonger le parcours de la procession pour répondre à l’engouement populaire. Elle doit maintenant mettre les bouchées doubles.
«Ça nous pose quelques problèmes mais tout le monde est mobilisé, ajoute-t-il.
«Ça va être énorme», promet Martin Frizell un journaliste de la chaîne concurrente ITV, qui retransmettra en continu les obsèques avec 12 heures d’antenne prévues. «Ce sera le plus grand événement télévisuel de l’histoire de notre pays», se réjouit-il.
En direct
La BBC et ITN, qui fourniront l’essentiel des images aux télévisions du monde, ont mis les grands moyens, à la mesure de l’émoi suscité dans le public par la mort de Diana. La BBC a mobilisé une centaine de caméras, 300 techniciens et prévu 22 unités de production au long du parcours.
Ses programmes seront retransmis dans 187 pays, par le biais de BBC World, et ses images mises à disposition de 45 chaînes étrangères. ITN a déployé 69 caméras, dont 19 à l’intérieur de l’abbaye de Westminster.
L’audience totale devrait, selon les chiffres de la presse, battre des records avec 2,5 milliards de téléspectateurs.
«Cela serait davantage que les quelque 2 milliards qui ont regardé la dernière finale de la coupe du monde» de football, remarque le «Daily Telegraph», mais aussi, ironiquement, beaucoup plus que les noces de Diana avec le prince Charles en 1981, le dernier grand événement de télévision au Royaume-Uni, qui n’avait rassemblé «que» 200 à 700 millions de téléspectateurs, selon les estimations.
Répondant par avance aux critiques, la BBC a promis de reverser tous les profits qu’elle fera lors de cette opération à un fonds spécial «Diana princesse de Galles» qui vient d’être mis sur pied pour aider les œuvres de charité avec lesquelles elle était liée.
A mesure qu’approche le début des funérailles, le quartier royal, sillonné par des kyrielles d’équipes de télévision et parsemé de véhicules à antenne satellitaire, prend une allure quelque peu surréaliste.
Pour commenter l’événement, les journalistes des chaîne du monde entier se succèdent devant les édifices symboliques, le palais Saint James où repose la dépouille mortelle de Diana, celui de Kensington d’où débutera la procession, ou l’abbaye de Westminster.
Les grands «networks» américains ABC, NBC, CBS ou CNN sont sur le pied de guerre depuis plusieurs jours à Londres, où ils ont fait venir des dizaines de personnes.
Les télévisions japonaises ne sont pas en reste. «La plupart des chaînes retransmettront la cérémonie en direct», explique Issei Takahash, un des correspondants de TBS Tokyo au Royaume-Uni, sollicité sans discontinuer depuis la mort de la princesse.
«L’intérêt est très grand chez nous, beaucoup de gens aimaient Diana», ajoute-t-il, «et il faut bien dire que les reportages la concernant font beaucoup d’audience». (AFP)


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