Des scientifiques américains sont parvenus à mettre au point une nouvelle arme anti-sida en convertissant des souches du virus afin qu’elles s’attaquent aux seules cellules infectées par la maladie et les détruisent, a indiqué l’Institut national da la santé (NIH) de Bethesda (Maryland).
Cette découverte, dont les résultats doivent être publiés dans le magazine américain «Cell», a permis de contrôler en laboratoire la progression de la maladie et surtout de réduire de façon considérable la quantité de virus jusqu’à des niveaux quasiment indétectables, a-t-on ajouté de même source.
«Ceci est une approche totalement nouvelle qui vise à diriger un virus contre une cellule infectée», a commenté l’auteur principal de cette découverte, le docteur John Rose, de l’université de Yale. «Ce concept pourrait être utilisé pour développer une nouvelle catégorie de médicaments efficaces pour contrôler la maladie», a-t-il ajouté.
L’idée de l’équipe du docteur Rose a consisté à supprimer les gènes de l’enveloppe qui protège le virus de la stomatite vésiculeuse (VSV) et de les remplacer par les gènes d’un récepteur situé à la surface des cellules humaines — le CD-4 ou son co-récepteur CXCR-4 — et qui est utilisé par le virus VIH pour infecter les lymphocytes T de l’organisme.
Ainsi transformé, le VSV apparaît aux cellules infectées par la maladie comme une cellule saine. Ainsi piégée, la cellule infectée s’attaque au VSV, un virus réputé pour sa capacité à tuer les cellules, qui va alors jouer son rôle de cheval de Troie en l’infectant puis la détruisant.
Comme il est dépourvu de son enveloppe normale, le VSV ne peut infecter les cellules saines et ne s’attaque donc qu’aux cellules infectées par le virus du sida.
Selon les auteurs de l’étude, les résultats en laboratoire ont montré que cette technique avait permis d’affaiblir le virus en réduisant de 300 à 10.000 fois sa charge virale, jusqu’à le rendre quasiment indécelable.
«Jusqu’à ce que nous disposions de données émanant de modèles animaux, nous ne pouvons estimer l’efficacité de ce nouveau traitement potentiel sur les humains», a toutefois relevé le docteur Rose.
«Bien que d’autres études in vitro et sur des animaux soient nécessaires avant tout essai sur des humains, ce concept présente déjà d’énormes applications potentielles pour le sida, le cancer et d’autres maladies», s’est réjoui le docteur Anthony Fauci, de l’Institut national des maladies infectieuses et allergiques (NIAID).
Selon le docteur Rose, les premiers essais de cette nouvelle technique sur des animaux pourraient débuter d’ici un an. (AFP)

