«L’idée que la politique monétaire puisse, à long terme, affecter le chômage en étant expansionniste est, nous le savons bien, erronée», a-t-il dit à l’agence Reuter.
C’est une idée maintenant répandue dans les milieux universitaires et financiers que l’inflation remonte si le taux de chômage tombe en dessous d’un certain seuil. Un seuil que certains situent entre 5,75% et 6,00%.
Or le taux de chômage, actuellement à 4,8%, est en dessous de ce niveau depuis plus de deux ans. L’inflation reste faible et a même touché un plus bas de 25 ans de 2,4% en juillet dernier, a rappelé Frederic Mishkin.
«On peut étudier cette notion d’un point de vue d’universitaire. Mais il est hors de question qu’une banque centrale se fixe un objectif pour le taux de chômage», a poursuivi Mishkin.
Mishkin, principal conseiller de politique monétaire de William McDonough, président de la Fed de New York et vice-président du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale, estime qu’un taux de chômage, quel qu’il soit, doit être «conséquent avec la stabilité des prix».
«Par ses actes, la Réserve fédérale a montré que son premier souci est la stabilité de prix», a dit Mishkin, rappelant que depuis que le chômage touchait 5,75% de la main-d’œuvre à la fin 1994, le taux des Federal Funds a changé cinq fois, soit trois fois en baisse.
Il n’empêche. Le marché financier surveille de près chaque mois les chiffres des créations d’emploi et du chômage, pensant qu’une croissance vigoureuse de l’embauche serait susceptible de pousser la Fed à relever ses taux.
«Là il y a un malentendu. Le Fed, ou toute autre banque centrale, ne saurait être perçu comme étant contre la croissance ou contre l’emploi», a poursuivi Mishkin.
A long terme, la politique de la Fed n’agit que sur l’inflation et une inflation faible est le seul environnement qui garantisse une croissance soutenue et un niveau vigoureux d’embauche, a-t-il dit.
«La Banque centrale reste vigilante pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’environnement inflationniste. La concurrence pour des parts de marché et la globalisation ne garantiront pas des prix stables si la politique monétaire est trop expansionniste», a ajouté Mishkin. (Reuter)

